Le Vatican se convertit à l’intelligence artificielle pour exorciser les hackers

Depuis 2012, l'une des plus vieilles librairies du monde fait l'objet d'une centaine d'attaques informatiques par mois.

C’est l’une des librairies les plus vieilles au monde. La Bibliothèque apostolique vaticane, aussi appelée la Vaticane, a été érigée en 1451 et conserve certains des plus précieux documents écrits au monde.

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On y retrouve la plus vieille copie de la Bible – le Codex Vaticanus, rédigé autour du IVe siècle –, mais aussi des écrits de Galilée, Michel-Ange, les illustrations de La Divine Comédie de Sandro Botticelli et plus de 80 000 documents inestimables. En son sous-sol, on retrouve, sur un espace de 800 m2, les très fantasmées archives du Vatican.

Depuis 2012, le Vatican a commencé à numériser certains des documents présents dans sa bibliothèque. Ceux-ci, dont une partie est accessible en ligne et l’autre réservée aux universitaires et ecclésiastes, font depuis l’objet d'une centaine de menaces d’attaques informatiques par mois, apprend-on dans Guardian par la voix de Manlio Miceli, directeur des systèmes d’information de l’État pontifical.

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"Nous ne pouvons pas ignorer que nos infrastructures numériques intéressent les hackers. Une attaque réussie pourrait entraîner le vol, la manipulation et la suppression de nos collections simultanément", explique-t-il au magazine britannique The Observer, rattaché au Guardian.

Le Vatican veut en effet numériser certains de ses documents les plus précieux pour arriver à un total de plus de 41 millions de pages. Jusqu’à présent, 25 % des contenus de la bibliothèque ont été digitalisés, dont certaines des "plus uniques, fameuses et plus fragiles" pièces, comme les illustrations de La Divine Comédie et le plus vieux manuscrit de l’Énéide de Virgile, créé à Rome autour de l’an 400 de notre ère.

Le Vatican vient donc de se doter des services d’une entreprise privée, Darktrace, spécialisée dans la création de systèmes d’intelligence artificielle pour la cybersécurité. Cette boîte britannique installée à l’international – France, Espagne, États-Unis entre autres – a été cofondé par un ancien directeur général du MI5, Lord Evans, et un ancien de la CIA.

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Dave Palmer, directeur de la technologie de Darktrace, explique ainsi à Observer que les motivations des pirates pourraient simplement être "de faire un peu d’argent ou de causer de l’embarras [au Vatican] au niveau planétaire", comme par le biais de ransomware. L’autre crainte de Manlio Miceli serait l’altération des documents historiques numériques : "Nous devons protéger notre collection numérique pour que les lecteurs puissent avoir confiance en des conservations historiques exactes, inaltérées."

MISE A JOUR LE 18/11 : Contrairement à ce qui avait été écrit dans une version précédente de l'article, Darktrace n'est pas "soutenu financièrement par le MI5 et la CIA". En réalité, certains de ces fondateurs ont collaboré avec l'une ou l'autre des agences.


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par Benjamin Bruel, le 10 novembre

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