10 jeux sous-cotés que vous avez peut-être ratés en 2019

Session de rattrapage pour les deux du fond.

Qu’il est difficile de se démarquer aujourd’hui dans le paysage de l’industrie vidéoludique ! Avec plus de 250 jeux qui sortent des studios par an, la concurrence est rude, que ce soit face au FIFA annuel, à un énième Battle Royale, à un Call of Duty explosif ou encore à un "kojimesque" Death Stranding.

Face à ces géants, trouver le bon créneau de sortie n’est pas une sinécure, et nombre de (très) bons jeux tombent dans l’oubli. Petites perles indés, titres développés par une poignée de personnes ou encore tous ces jeux occultés par la sortie d’un triple A, voici dix œuvres vidéoludiques sous-cotées.

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  • A Plague Tale : Innocence

Vous n’avez pas eu l’occasion de côtoyer la grande peste qui a ravagé l’Europe du XIVe siècle ? A Plague Tales : Innocence est fait pour vous. Le jeu de Focus Home Interactive, à l’origine, récemment, de Vampyr ou encore Call of Cthulhu, vous emmène dans la France médiévale dévastée par l’épidémie.

On y incarne Amicia, une jeune fille qui tente tant bien que mal de survivre avec son jeune frère, Hugo. Les deux enfants sont livrés à eux-mêmes en pleine guerre de Cent Ans, et ils vont devoir se débrouiller pour subsister parmi les rats, bien décidés à en finir avec la population.

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Le gros plus de A Plague Tale : Innocence, c’est bien évidemment le scénario, captivant jusqu’à la fin. Plus basé sur la narration que sur l’action, le jeu fait penser à Assassin Creed, même s’il s’éloigne de l’AAA par son gameplay. Pas de véritable combat, on est surtout là pour fuir. On apprend en même temps que la protagoniste à maîtriser la discrétion, à un rythme cadencé mais qui ne perd pas le joueur.

Les graphismes sont à la hauteur, mêlant paysages dévastés et cadavres entassés, qui témoignent bien du bain de sang qui prend place. Il faut le dire, parfois, ça fait froid dans le dos. Quelques moments contemplatifs viennent se mêler aux moments où l'action est plus soutenue.

En bref, alors que tout va mal, la beauté de A Plague Tale réside surtout dans ces moments, brefs mais heureux, de chaleur humaine, de rencontre, où les rats sont oubliés et où l’horreur se tait pour laisser place, quelques instants, au répit.

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A Plague Tales : Innocence est disponible depuis le 14 mai 2019 sur PC (Steam), Xbox One et PS4.

  • Afterparty

Le postulat de base était déjà intrigant – tu meurs, tu vas en enfer, tu décides d’essayer de remonter à la surface, mais le seul moyen est de battre Satan à un jeu d’alcool. Rien que pour l’audace et l’originalité de l’entreprise, on avait envie d’essayer.

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Surprise : ce n’est pas que ça. C’est avant tout un très bon jeu, pas parfait, mais pas loin. Le gameplay, assez simpliste mine de rien, qui avait tout pour être redondant, réussit à ne pas l’être – même quand tu enchaînes les shots avec le diable.

La direction artistique est une réussite, autant sur les décors et les couleurs que sur les perspectives et déplacements de caméra. Le point fort du jeu est la manière dont l’histoire est contée, et dont on fait partie intégrante, sans trop nous en demander. Ce n’est pas le jeu de l’année, mais clairement l’un des plus sous-côtés.

Afterparty est disponible depuis le 29 octobre 2019 sur Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et PC (Epic Games Store).

  • Anno 1800

Après quelques épisodes se déroulant dans le futur (ce qui n’était pas franchement une réussite), Anno revient à la source de ce qu’il raconte le mieux, à savoir : le passé. Et on s’en doutait, mais c’est toujours important de le préciser : c’est une réussite.

Ubisoft a puisé dans le meilleur de sa franchise, en a fait une espèce de best-of, et l’a amélioré en ajoutant des gestions plus intéressantes – on pense notamment au système des colonies dans les régions. On retrouve ainsi le multi et le mode bac à sable, ce qui manquait vraiment aux fans sur les précédents volets.

Côté graphisme, on retrouve l’esthétique d’antan, avec une direction artistique plus léchée que d’habitude, et ça fait la différence. Alors, certes, la campagne n’est pas des plus abouties, mais c’est quand même rarement le cas chez Anno (et ce n’est pas d’ailleurs ce qu’on lui demande).

Et au fond qu’importe, car Anno reste l’une des meilleures franchises de jeux de gestion les plus complets et solides sur le marché – et 1800 en est la preuve.

Anno 1800 est disponible exclusivement sur PC (Uplay Store) depuis le 16 avril 2019.

  • Baba is You

Baba is You, cet ovni du jeu vidéo. Ce titre, créé uniquement par le développeur finlandais Arvi Teikari, connu sous le pseudonyme Hempuli, réinvente les concepts du puzzle game pour vous retourner la tête à l’infini.

Dans Baba is You, la règle est simple : c’est vous qui la créez. On contrôle Baba, une petite créature qui doit évoluer dans un monde de plateformes dont vous régissez les codes. Les énigmes, de plus en plus évoluées, vont vous donner du fil à retordre et vous forcer à repenser le jeu vidéo. Si Baba est bloqué, alors c’est son environnement qui devra se mouvoir pour le laisser passer.

Lire aussi : Baba is You, le puzzle-game dont vous fixez les règles

Pour mener à bien toutes les énigmes, il faudra assimiler les règles, qui s’apparentent plutôt à de la programmation. Mais pas de panique : elles se retiennent facilement et ne sont pas là pour vous compliquer la tâche (bon, juste un peu).

Si vous aimez les défis, la réflexion, et que The Witness n’a plus de secret pour vous, on ne peut que vous conseiller de vous essayer à Baba is You.

Baba is You est disponible depuis le 13 mars 2019 sur PC (Steam) et Nintendo Switch.

  • Control

Une des plus grosses claques de l’année. L’allure d’un blockbuster avec un cœur de jeu d’auteur. Un objet vidéoludique non identifiable qui devrait pourtant être dans tous les tops de fin d’année, tant l’originalité et l’incroyable scénario franchement tordu méritaient plus de reconnaissance de la part des fans et de la presse.

Pour faire simple, le joueur campe Jesse Faden, qui devient, sans trop comprendre pourquoi, le président du Bureau fédéral de contrôle, une espèce d’agence gouvernementale peu orthodoxe, responsable de la disparition de son petit frère. On se retrouve plongé dans "the Hiss", un schmilblick très étrange et extra-dimensionnel.

Le gameplay est celui d’un TPS somme tout classique, même si les nouveaux pouvoirs de la présidente, et les modifications de l’arme de cette dernière, sont franchement stylés et novateurs. On saura aussi apprécier les petits puzzles qui rendent l’aventure parfois un peu moins linéaire.

Avec des séquences hallucinantes de torsion de la réalité en 3D, entre Inception et Doctor Strange, et des moments de vagabondage dans un espace mental sobre et sombre, la direction artistique de Remedy demeure l’une des plus intéressantes du paysage du jeu vidéo en 2019.

Alors, oui, parfois, les animations sont un peu moches. Il y a des longueurs, et un aspect fastidieux à devoir récupérer tous les documents (dont un bon tiers semble franchement inutile). Mais bon Dieu, que cela fait du bien d’avoir un jeu qui essaye de se démarquer du reste. Un peu d’audace, bordel !

Control est disponible depuis le 27 août 2019 sur PlayStation 4, Xbox One et PC (Epic Games Store, prochainement Steam).

  • Metro Exodus

Exodus est le troisième épisode de la franchise Metro, elle-même adaptée des romans de l’auteur russe Dmitri Gloukhovski. Sans avoir été un flop pour autant (les fans de la première heure n’ont pas manqué à l’appel), Metro Exodus a vite été oublié – effet Apex ?

La vraie force de Metro Exodus, à l’image des deux épisodes précédents, est son ambiance. Les mécaniques pures de combat ou de tir ont certes un peu vieilli, mais si vous aimez vous plonger tête la première dans une Russie post-apocalyptique, Exodus est fait pour vous.

Malgré le côté science-fiction uchronique, c’est bien le réalisme des situations, des dialogues (encore mieux avec le doublage russe) et de l’action qui prend aux tripes.

Lire aussi : Metro Exodus prouve que les FPS peuvent toujours avoir une bonne histoire

Le pire qui puisse arriver en jouant à Exodus est de rager face à quelques raideurs de gameplay. Mais passé ces défauts, l’histoire vous entraîne dans un univers tellement original que vous ne vous rendrez pas compte des heures qui s’écoulent à bord de votre train à vapeur.

Face à des hordes d’effrayants monstres et brigands, vous angoisserez de votre loupiote qui s’éteint progressivement, des radiations qui vous percent la peau ou encore de cette satanée arme qui s’enraye et se salit. Exodus gagne haut la main l’award de l’immersion totale.

Metro Exodus est disponible depuis le 15 février 2019 sur Xbox One, PS4 et PC (Steam et Epic Games Store).

  • Planet Zoo

Qui n’a pas rêvé de passer ses journées à s’occuper d’animaux tous plus mignons les uns que les autres, le tout sans l’odeur de leurs excréments ? Digne héritier de Zoo Tycoon, Planet Zoo nous propose enfin une expérience très rafraîchissante.

Exit les petites cages qui oppressent bonobos et diables de Tasmanie, en ces temps de conscientisation sur la cause animale, Planet Zoo a su adapter son concept. En effet, le but premier est la remise en liberté de vos animaux dans la nature. Avec ce postulat de départ, le titre en devient déjà absolument grandiose, mais on soulignera la précision des aménagements et constructions possibles pour mettre vos animaux (et vos visiteurs) dans les meilleures conditions.

Ajoutez à cela la possibilité pour la communauté de rajouter des créations et les options de constructions délirantes, et vous obtenez d’ores et déjà la référence du jeu de gestion animalière.

Planet Zoo est disponible depuis le 5 novembre 2019 sur PC (Steam).

  • Sea of Solitude

Dans la catégorie "ça fait réfléchir…", Sea of Solitude est bon candidat. Fruit des expériences de la conceptrice allemande Cornelia Geppert, SOS (son petit surnom) est un titre qui alterne entre poésie et philosophie. Dans la peau de la jeune Kay, vous devez trouver un remède au monstre qui vous habite : la dépression. Problèmes familiaux, relation frère et sœur, harcèlement scolaire, gestion du divorce et de la rupture, aucun sujet ne vous sera épargné.

Lire aussi : Sea of Solitude, ou l’aventure comme remède à la dépression

La beauté de Sea of Solitude ne se ressent pas que dans sa sublime BO ou encore dans sa direction artistique particulièrement léchée. C’est un tout qui allie un gameplay de plateformes et d’énigmes, mis en valeur par un scénario aussi énigmatique que fascinant.

Plus qu’un jeu, c’est un véritable témoignage à cœur ouvert auquel "Connie", la conceptrice, se livre, pour notre plus grand bonheur. On regrettera simplement une durée de vie un peu courte, mais SOS saura vous faire vivre une longue après-midi forte en émotions.

  • The Outer Worlds

Il était difficile de trouver sa place en octobre 2019 aux côtés de Ghost Recon : Breakpoint et Call of Duty : Modern Warfare. Rien ne semblait pour autant effrayer les studios Obsidian et leur nouveau titre The Outer Worlds. On connaissait ces derniers pour l’épisode Fallout : New Vegas (2010), acclamé des critiques comme des fans, et The Outer Worlds est clairement dans la même veine.

Lire aussi : The Outer Worlds, le jeu dont vous êtes (enfin) le vrai héros.

L’intérêt du titre est évidemment dans la personnalisation à outrance de votre personnage comme de votre aventure. En résumé : tout (ou presque) est possible. Si vous souhaitez tuer tous les PNJ qui vous adressent la parole, libre à vous. Vous pouvez choisir la méthode forte, furtive ou sournoise et arriver à des pans scénaristiques propres à votre partie, vous donnant envie de réessayer d’une autre manière.

Si les graphismes sont un peu datés et le gameplay tout juste au niveau, l’ambiance reste, elle, au rendez-vous. Rempli d’humour, The Outer Worlds n’en oublie pas pour autant d’être intelligent en vous surprenant par la qualité des dialogues et la description fouillée des univers. Un digne héritier de New Vegas, parfait pour vous occuper dans la froideur de l’hiver à venir.

The Outer Worlds est disponible depuis le 25 octobre 2019 sur PC (Epic Games Store), Xbox One, PS4. Il sera disponible sur Nintendo Switch et sur Steam courant 2020.

  • Yoshi’s Crafted World

Le commun des mortels a tendance à réduire bien trop facilement un jeu de Nintendo à un jeu pour enfants – à quelques exceptions près, bien sûr. Et cette catégorisation, en plus d’être injuste, empêche certains joueurs de tâter certaines pépites.

Yoshi’s Crafted World avait tout, en apparence, pour être un énième jeu de la firme nippone dont le public visé ne dépasse pas les 7 ans, et pas assez de gens y ont joué. Ce qui est bien dommage, car il s’agit d’un des meilleurs jeux du dinosaure vert de l’univers Mario.

L’univers crafté est très beau, original, et permet un travail sur l’espace et le décor dans son gameplay franchement très malin. Plus encore, l’exploration est ce qui est le plus mis en avant. On n’hésite pas à refaire des niveaux trois, quatre ou cinq fois pour récupérer tous les collectibles – même les moins patients d’entre nous.

Certes, le jeu n’est pas "difficile", mais il est assez long et riche pour permettre des heures de jeu qui passent à une vitesse folle, seul ou à deux ! Un des meilleurs titres de 2019, qui est un peu trop injustement passé sous les radars des tops de fin d’année.

Yoshi’s Crafted World est disponible depuis le 29 mars 2019 exclusivement sur Nintendo Switch.

Article coécrit par Pierre Bazin, Victoria Beurnez et Arthur Cios.

Par konbinitechno, publié le 12/12/2019

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