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Désillusion : les jeux pour booster votre cerveau… ne boosteraient pas grand-chose

Publié le

par Pierre Bazin

Coup dur pour le Dr Kawashima.

Et si Nintendo nous avait menti pendant toutes ces années ? On se souvient tous du succès explosif du Programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima : Quel âge a votre cerveau ? sorti il y a déjà 15 ans sur DS. Le jeu s’est vite imposé dans tous les foyers auprès de nos darons et même de nos grands-parents, heureux de savoir que leur cerveau était plus "jeune" que leur âge réel.

Pourtant, depuis déjà plusieurs années, les experts du cerveau et de la mémoire sont divisés sur la question de l’efficacité réelle de ces "jeux cérébraux". Le neuroscientifique Bobby Stojanoski résume ainsi la situation :

"Pour chaque étude qui trouvait des preuves allant en ce sens, il y avait un nombre égal de papiers universitaires qui n’en trouvaient aucune."

Mais pour la première fois, une étude de grande envergure a été menée auprès d’un panel de 1 000 personnes utilisant régulièrement divers programmes ou logiciels dits d'"entraînements cérébraux" en ligne ou non, sur smartphone, PC ou consoles.

Les personnes observées ont été testées sur l’évolution de leurs capacités cérébrales, en particulier la mémoire, pour vérifier ou non les réels apports de ces entraînements cérébraux. En moyenne, les participants utilisaient ces programmes depuis au moins huit mois, mais certains y passaient de nombreuses heures depuis déjà cinq ans.

"On a mis l’entraînement cérébral à l’épreuve", a déclaré Elizabeth Stine-Morrow, scientifique experte en vieillissement cognitif à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign. L’étude montre qu’il n’y a pas de lien "entre le temps passé avec les programmes d’entraînement cérébral et la cognition", explique-t-elle.

Les volontaires de cette étude ont ainsi été testés sur de nombreux tests cognitifs, de raisonnement spatiaux ou encore des exercices de mémoire. Le résultat semble sans appel : en comparaison avec un panel témoin qui n’a pas utilisé de programmes d’entraînements cérébraux, les usagers de ces derniers n’ont obtenu aucun meilleur résultat probant. Cette conclusion s’applique même aux plus zélés qui y consacraient pourtant des heures au quotidien pendant ces dernières années.

"Quelle que soit la façon de découper les données, nous n’avons pu trouver la moindre preuve que l’entraînement cérébral était lié aux capacités cognitives", explique Stojanoski, rappelant que toutes les variables socio-économico-culturelles (éducation, niveau de vie, etc.) et démographiques (l’âge) avaient été considérées dans la comparaison des deux panels.

Selon le neuroscientifique, il pourrait encore exister quelques scénarios spécifiques dans lesquels on pourrait voir un impact, mais il s’agissait avant tout de "regarder les entraînements cérébraux et leurs effets dans le monde réel" et, pour Stine-Morrow, le "monde réel" pourrait bien être, encore à ce jour, le meilleur des entraînements cérébraux.


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