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Dix ans après, la Corée du Sud lève son "couvre-feu" pour les jeunes gamers

Publié le

par Pierre Bazin

Les moins de 16 ans ne pouvaient pas jouer en ligne passé minuit.

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour les jeunes joueurs et joueuses de jeux vidéo en Corée du Sud. Le gouvernement vient en effet d’annoncer la fin d’une loi, instaurée en 2011, qui interdisait aux enfants de moins de seize ans de jouer à des jeux vidéo après minuit, et ce jusqu’à six heures du matin.

À l’époque, cette loi de "protection de la jeunesse" devait, en priorité, viser les jeux en ligne sur PC afin de garantir aux jeunes sud-coréens au moins six heures de sommeil. Rapidement, toutefois, les constructeurs de consoles ont également été pris à partie. Ainsi, à l’époque, Sony Computer Entertainment of Korea avait annoncé mettre le PlayStation Network (PSN) hors ligne pour les joueurs inscrits en tant que mineurs.

Les entreprises qui ne respectaient pas ces mesures et ne faisaient rien pour les mettre en place encouraient jusqu’à 10 millions de wons (7 300 euros) d’amende, et les personnes responsables au sein de ces sociétés pouvaient aussi s’exposer à des peines de prison. Comme le rapporte The Korea Herald, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, ainsi que le ministère de l’Égalité des genres et de la Famille ont décidé d’abolir cette mesure imposée depuis dix ans. Hwang Hee, ministre de la Culture sud-coréen, a ainsi déclaré :

"Pour les jeunes, les jeux vidéo sont une activité de loisir et un canal de communication important […] J’espère que les mesures préventives pourront respecter les droits des jeunes, tout en encourageant une éducation plus saine à la maison."

Bien que cela ne soit pas explicitement évoqué, il est possible que la crise sanitaire et les nombreuses mesures de distanciation physique qu’elle a engendrées aient pu redorer le blason des jeux vidéo, dont la pratique (en ligne particulièrement) a explosé pendant les divers confinements à travers le monde.

Les deux ministères assurent désormais privilégier une solution de "choix" pour les jeunes concernés, qui pourront demander à leurs tuteurs des autorisations ponctuelles. Interrogée par le Korea Times, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation Yoo Eun-hae assure que, désormais, "la capacité des enfants à décider par eux-mêmes et à se protéger est devenue plus importante que tout […]".

L’Association coréenne de l’industrie du jeu soutient la décision et se félicite de l’arrêt de cette mesure qui a, selon elle, "étouffé l’industrie du jeu du pays pendant longtemps malgré les critiques continues concernant sa faible efficience, la violation des droits de l’enfant et l’affaiblissement de la compétitivité de l’industrie".


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