© Bandai Namco

Dragon Ball Z Kakarot : l'équilibre entre fan-service et rattrapage pour néophytes

Kaméhaméha sur ta nostalgie.

Pionnière de l’anime japonais en France, la saga Dragon Ball a acquis au fil des années une notoriété folle, particulièrement au cœur de notre Hexagone très friand de la culture manga. Le problème, c’est que depuis 1988, les arcs narratifs se sont multipliés : Dragon Ball, Dragon Ball Z, Dragon Ball GT, Dragon Ball Kai, etc. Beaucoup de fans, autrefois jeunes enfants excités par toute cette violence diffusée sur le Club Dorothée, se sont éloignés de la franchise et ceux qui n’avaient jamais eu l’effort n’ont pas eu, pour la plupart, le courage de s’y mettre.

Si les visages de Sangoku, Piccolo, Vegeta, les boules de cristal ou encore le célébrissime Kaméhaméha sont devenus des images familières de la culture pop, le scénario (parfois confus) est peu à peu tombé dans l’oubli chez les plus jeunes.

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Avec Dragon Ball Z : Kakarot, Bandai Namco est bien décidé à nous offrir une session de rattrapage. Attendu par tous les fans, ce nouveau titre Action-RPG couvrira l’intégralité de l’arc Dragon Ball Z (DBZ), l’un, si ce n’est le plus populaire de la franchise.

 À l’occasion d’une session de tests ouverte à la presse, nous avons pu déambuler et bastonner quelques heures.

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Un genre de jeu qui tombe sous le sens

L’idée de faire un Action-RPG n’en est presque pas une, car tout dans la série Dragon Ball rappelle déjà un jeu de rôle. Les "niveaux de puissance" deviennent les classiques "lvl", la bouffe omniprésente un simple objet de soin et les digressions dans l’histoire sont transformées en mini-jeux (la pêche par exemple). L’objectif même d’un RPG (devenir plus fort, s’entraîner, progresser en accumulant combats et expérience) fait directement écho aux enjeux de quasiment tous les personnages de DBZ.

Kakarot nous propose donc de suivre à la lettre l’histoire de DBZ : aucun détail du manga originel n’a été omis dans les trois heures de jeux proposées. Toutefois, le vrai intérêt du jeu vidéo est de nous laisser compléter l’histoire à notre rythme.

A première vue, le titre sera très fourni en contenus avec une campagne solo d’au moins 20 heures (en fonçant tout droit), de très nombreuses quêtes annexes sans compter les centaines (milliers ?) de collectibles et autres bases de données à remplir. Le tout jouable par de très nombreux personnages, améliorables avec une myriade de mécaniques et de personnalisations.

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Les cutscenes en plein combat sont pleines de détails succulents. © Bandai Namco

Le jeu se divise basiquement en deux grandes phases : exploration et combat. Se balader dans les décors mythiques de Dragon Ball Z, du désert à la mer, en passant par la montagne est très plaisant. Malheureusement, ce monde semi-ouvert apparaît tout de même un peu vide et les moyens de transport (vol de Saiyan ou nuage magique) ne sont pas très maniables. Vous pouvez aussi rencontrer de nombreux ennemis et du menu fretin pour grappiller quelques points d’XP.

Le combat est le point central de cet Action-RPG. Exit les 1v1 de Dragon Ball FighterZ, Kakarot revient aux sources originelles des jeux de combats Dragon Ball avec une aire de baston aussi verticale qu’horizontale. Si les mécaniques de bases ne sont pas très difficiles à appréhender, c’est bien l’exigence qui nous a surpris : masher le même bouton d’attaque simple ne vous permettra pas de gagner à tous les coups, loin de là. Il vous faudra alterner entre esquives, attaques spéciales, recharges de Ki et autres actions contextuelles qui mettront à l’épreuve votre concentration, votre frustration et votre envie d’aller vite.

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On ne peut pas régler la difficulté mais les plus "dur·es au mal" chercheront à obtenir des scores S partout.

Un peu trop de repos sur les lauriers de l’anime ?

Soyons honnêtes : Dragon Ball : Kakarot n’est pas très beau. Certes, les animations de personnages pendant les cinématiques sont plus que correctes mais les décors ont des textures qui bavent. Au final, la principale crainte vis-à-vis de ce titre est que les développeurs se soient trop reposés sur le matériau de base (le manga ou l’anime), sans aucune audace vidéoludique.

Le monde semi-ouvert apparaît un peu pauvre… © Bandai Namco

On le ressent particulièrement avec la présence de ces nombreuses cutscenes et autres cinématiques qui vous feraient parfois vous demander si vous regardez l’anime ou si vous jouez à un jeu, tant elles peuvent être longues et fréquentes. En revanche, celui qui n’a jamais lu / vu Dragon Ball (Z) pourra largement rattraper ses lacunes étant donné que les personnages ne sont pas avares de détails ni de descriptions des enjeux - pas de VF à l’horizon malheureusement.

Les mécaniques supplémentaires (comme le complexe système de "soutien") ne manquent pas mais à l’instar des mini-jeux comme la pêche, elles n’apportent pas grand-chose au tout. Bien que les combats soient efficaces, il ne faudrait pas que ce Kakarot en oublie d’être un tantinet original. Beaucoup de choses doivent encore être découvertes et on retiendra pour le moment un titre intergénérationnel qui de, toute façon, ne manquera pas de plaire aux plus dévoués des fans.

Par Pierre Bazin, publié le 11/12/2019