Detroit : Become Human / Quantic Dream

Le studio Quantic Dream a finalement été condamné par les prud'hommes

Le studio de David Cage doit verser 5 000 euros d'indemnisation à un ancien salarié.

Le duel de longue date entre le studio français de jeux vidéo Quantic Dream (Detroit : Become Human, Beyond : Two Souls) et l’un de ses anciens salariés s’approche de sa conclusion.

En 2018, le studio de David Cage faisait l’objet d’une enquête dans la presse mettant en cause la non-dénonciation, entre autres, de photomontages douteux de salariés diffusés en interne.

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Le conseil de prud’hommes de Paris a jugé, le 21 novembre, que le studio était resté "passif" face à ces images au caractère "homophobes, misogynes, racistes, ou encore profondément vulgaires".

Mauvaise ambiance à Quantic Dream

Une enquête conjointe du Monde, Canard PC et de Mediapart, publiée en janvier 2018, avait révélé l’ambiance délétère au sein de l’entreprise.

Environ 600 montages, envoyés par un responsable et délégué du personnel de l’entreprise, montraient de nombreux salariés de l’entreprise grimés en Supernanny, affublés d’un uniforme nazi ou dans des situations faisant référence à des films pornographiques notamment. Ces images étaient diffusées au sein du studio sans aucune restriction.

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L’enquête des médias français révélait également que l’une des cibles, anciennement responsable du service informatique, avait décidé en mars 2017 de quitter l’entreprise et de porter l’affaire aux prud’hommes de Paris aux côtés de trois autres employés.

Quantic Dream condamné à verser 5 000 euros

Deux d’entre eux ont été déboutés de leur demande de requalification de leur départ en licenciement, en novembre 2017. Un troisième a obtenu gain de cause pour la même demande en août 2018.

La dernière personne, ce même responsable du service informatique, vient d’obtenir partiellement gain de cause. Les prud’hommes de Paris ont ainsi condamné Quantic Dream, le 21 novembre dernier, à verser 5 000 euros d’indemnisation au plaignant, ainsi que 2 000 euros de frais de justice.

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"En restant passif face à cette pratique plus que contestable, qui ne peut se justifier par l’esprit “humoristique” dont se prévaut la société, l’employeur a commis une violation de l’obligation de sécurité", ont estimé les prud’hommes, cités par Le Monde.

Une affaire terminée ?

Le studio, en réaction à sa condamnation, s’est fendu d’un communiqué sur Twitter. Ils indiquent qu’ils ne feront pas appel de cette décision et affirment que ce celle-ci les satisfait puisque ce jugement "déboute le plaignant de ses demandes principales, comme ce fut le cas dans déjà trois jugements connexes précédents".

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Est-ce que l’affaire arrive à son terme ? Pas totalement. En parallèle, la boîte de David Cage est toujours en conflit avec l’ancien salarié, notamment pour "intrusion illicite dans un système informatique". Celui-ci aurait récupéré des photomontages dans les systèmes informatiques de l’entreprise après son départ de celle-ci.

Quantic Dream a également porté plainte contre Mediapart et Le Monde. En somme, on n’a pas fini d’entendre parler de cette histoire.

Par Victoria Beurnez, publié le 03/12/2019

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