L'OMS recommande désormais de jouer aux jeux vidéo

Après avoir consacré "l'addiction au jeu vidéo", l'Organisation mondiale de la santé opère une marche arrière radicale.

Confinement oblige, le jeu vidéo est devenu un loisir privilégié pour des millions de personnes à travers le monde. À tel point que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de lancer une opération en partenariat avec de gros éditeurs de jeux vidéo pour inciter les confiné·e·s à se retrouver dans les jeux online.

Baptisée "Play Apart Together" ("Jouez séparés, mais ensemble"), l’initiative réunit notamment de grandes entreprises telles qu’Activision Blizzard, Riot Games ou encore Unity Technologies. L’idée est d’encourager le jeu multijoueur, pour assurer le confinement et la distanciation physique entre les individus.

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Quid de "l’addiction aux jeux vidéo" ?

C’est un tournant majeur pour l’Organisation mondiale de la santé qui, pour rappel, avait consacré, il y a bientôt deux ans, "l’addiction aux jeux vidéo" en ajoutant les "troubles liés à la pratique du jeu vidéo" à la classification internationale des maladies CIM-11. Cette décision avait fait l’objet de vives critiques de la part d’une partie de la communauté scientifique et de professionnels du secteur.

Ce trouble, qui concernerait 2 à 3 % des joueurs, toujours selon l’OMS, ne semble pas être la priorité aujourd’hui, au vu de la pandémie qui sévit actuellement dans le monde. Dans la même logique, il est possible que le gouvernement français nous incite bientôt, en partenariat avec Ricard et Marlboro, à boire de l’alcool et fumer des cigarettes. Il était en tout cas prompt, il y a quelques mois, à mettre ces réelles addictions au même niveau que la pratique du jeu vidéo dans un livret de sensibilisation à destination des adolescent·e·s.

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Par Pierre Bazin, publié le 30/03/2020