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On sait enfin pourquoi Sony déteste vraiment le cross-play

Publié le

par Pierre Bazin

…sauf quand on les paie.

Le crossplay et le cross-plateformes sont de formidables inventions qui permettent aux joueurs et joueuses du monde entier de jouer ensemble, quel que soit leur support : PlayStation, Xbox, Switch, iOS, Android ou bien entendu PC – et Mac… Or, ce n’est pas un secret que, de ce côté là, Sony a toujours été réticent à l'idée de permettre aux joueurs PlayStation de s’amuser avec des amis qui n’ont pas adopté leur console.

En 2018, Sony avait bloqué le crossplay des titres comme Rocket League ou Minecraft sur PS4, alors que ce dernier avait été activé entre la Switch et la Xbox One. Plus tard dans l’année, c’est le célèbre Fortnite, alors le "plus gros jeu sur PlayStation 4", qui s’était vu isolé des autres plateformes – sauf PC et mobile. À force de recevoir des plaintes des fans, Sony avait fini par craquer et commençait, doucement mais sûrement, à activer le crossplay sur ses gros hits multijoueurs, dont Fornite.

Sony s’est laissé convaincre… contre rémunération

Avec le grand procès qui oppose Apple à Epic Games (l’éditeur de Fortnite), de nombreux documents normalement confidentiels ont été mis au grand jour. Parmi eux, on retrouve notamment un courriel de Joe Kreiner, vice-président du business development à Epic Games, adressé à Sony.

Kreiner illustre par plusieurs points en quoi l’activation du crossplay sur la version PS4 de Fortnite serait bénéfique à Sony comme à Epic Games. Outre les propositions de partenariat avec le PS Plus et une participation à l’E3, Epic propose également, par exemple, de partager ses données utilisateurs pour les besoins marketing à Sony.

Toutefois, c’est un autre document intitulé "Politique, exigences et processus du cross-plateformes"qui semble apporter la réponse sur les exigences de Sony. Cela concerne surtout le cross-plateformes – c’est-à-dire la possibilité d’avoir un unique compte accessible depuis différents systèmes – et ce que demande Sony est assez clair : de l’argent principalement. En effet, pour le constructeur nippon, la possibilité de partager son compte sur plusieurs supports implique des pertes non négligeables liées aux dépenses in-game – dans le cas de Fortnite, on parle ici des achats de V-Bucks, de skins, de danses, etc.

Il est en effet clair, qu’une fois en possession d’un compte capable d’aller sur toutes les plateformes, le joueur ou la joueuse a le choix d’acheter ses cosmétiques sur n’importe quel store : celui de Google Play (Android), de l’Epic Games Store (PC) ou encore PSN (PlayStation). Pour Sony, quand un joueur décide, parce que le cross-plateformes le permet, d’acheter un skin sur un autre store que celui de la PlayStation, c’est une perte non négligeable.

Ainsi, Sony aurait décidé de demander une compensation financière aux éditeurs en échange de l’activation du cross-plateformes. Le PDG d’Epic Games, Tim Sweeney, a confirmé dans son témoignage au tribunal que Sony était le seul constructeur à exiger cette compensation pour le crossplay :

"Dans certaines circonstances, Epic paie des revenus supplémentaires à Sony. […] Si quelqu’un joue principalement sur PlayStation, mais fait ses achats sur iPhone, cela peut déclencher une compensation."

Ainsi, lorsque Sony avait (enfin) autorisé le cross-play et cross-plateformes sur Fortnite, après trois mois de plaintes des joueurs, ce n’était pas par bonté de cœur ou encore pour "protéger" sa communauté des vilains joueurs de Xbox et de Switch – oui, cet argument avait été invoqué à demi-mot. C’est tout simplement parce que certains éditeurs ont accepté de leur verser des compensations financières.

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