Pourquoi Kingdom Hearts a changé ma vie de joueuse

Le jeu de Square Enix, sorti en 2002, a laissé une marque intemporelle dans ma vie de gameuse.

Le trailer du prochain DLC de Kingdom Hearts III, Re : Mind, vient de sortir, et c’est l’occasion pour moi de vous expliquer pourquoi ce jeu a changé ma vie.

Par où commencer ? Il y a des premières amours qui ne s’expliquent pas avec les mots, et des jeux qui vous font comprendre que vous vous êtes trouvé une passion. Pour tenter de prendre cet article par le bon bout, j’ai allumé ma playlist et j’ai lancé Dearly Beloved.

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Aussi loin que je m’en souvienne, ce sont mes cousins, toujours une longueur d’avance sur mon frère et moi, qui nous ont fait découvrir pas mal de jeux vidéo. Kingdom Hearts, le jeu du studio japonais Square Enix (derrière les Final Fantasy), qui s’appelait Squaresoft à l’époque, est sorti en 2002. 

De la purée Mousseline au gaming

J’avais 8 ans et on m’avait à peu près dit ça : “Il faut que tu joues à Kingdom Hearts, il y a des personnages de Final Fantasy et des mondes de Disney.” Bon. Effectivement, c’était d’ailleurs l’argument commercial de Square Enix lors de la promo du J-RPG. 

Un jour, on s’est donc procuré ce jeu, dont je n’ai jamais oublié (et n’oublierai jamais) la jaquette au visuel absolument fantastique.

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À l’époque, je l’avoue, j’étais plutôt une gameuse par procuration. Nos journées, avec mon frère, étaient majoritairement composées de lui qui joue (sur notre toute petite télé à l’écran bien bombé de l’époque) et moi qui le regarde faire avidement, préparant occasionnellement une purée Mousseline au micro-ondes pour survivre sans rien rater de l’histoire qui se déroulait devant nos yeux. Et au bout d’un moment, j’ai fini par y jouer moi-même.

Si vous avez joué à Kingdom Hearts quand vous étiez petit (ou même pas trop petit), vous avez probablement ressenti la même chose que moi en parcourant les vastes couloirs colorés qui composaient les mondes Disney du jeu. 

Ovni scénaristique

Vous vous attendiez à un J-RPG sympa, sans trop savoir ce que Square Enix avait en tête. Et vous avez découvert le début d’une saga complexe, mêlant des valeurs universelles à un scénario riche en rebondissements (et en bordel, il faut le dire).

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À l’époque où je traînais sur mille forums, me gavais d’animes, de fanfics et criais mon amour pour le pays du Soleil Levant, ça m’a pris environ trois minutes pour tomber amoureuse du protagoniste, le nonchalant Sora, ses pompes absolument surdimensionnées et ses adorables piques sur la tête. 

fangirlism level : trop

Pendant de longues années, et encore aujourd’hui, je reconnaissais sa voix, ou plutôt celle du doubleur Donald Reignoux dans les films et les pubs, me réjouissant d’entendre mon bien-aimé et saoulant mon entourage qui ne comprenait rien à cette idylle virtuelle (faites pas genre, on en a tous eu une).

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Les années Kingdom Hearts sont aussi liées à ma découverte des communautés de forums, la bande de potes virtuels avec lesquels on passe ses soirées. C’est aussi l’époque où on met son réveil à 6 heures pour pouvoir jouer avant d’aller en cours, bref, le bon vieux temps. Je suis loin d’avoir été la seule à être ultra-fan de ce jeu : la communauté KH avec son package Skyblog + MSN était bien cool. 

Dearly beloved game

Même si toutes ces interactions sociales étaient fortement enrichissantes, c’est tout de même le jeu qui en est à l’origine. Kingdom Hearts m’a fait vivre des émotions que je n’oublierai jamais : se promener dans la ville d’Halloween (parce que c’était un peu le dessin animé quand on est ado et qu’on veut se donner un côté faussement dark), de liane en liane dans la Jungle Profonde de Tarzan, ou encore nager tranquillou à Atlantica. 

Et, par-dessus tout, si je devais me souvenir d’un seul moment : l’arrivée dans le pénultième péril de Kingdom Hearts, la Forteresse Oubliée. Ce bastion torturé et incroyablement beau, sa musique totalement nostalgique, et tous les fils de l’histoire se reliant enfin pour former la fresque finale. C’était trop cool !

Côté gameplay, je lui ai, au fil du temps, pardonné certains défauts. Le pire pour moi était la gestion de la caméra totalement insupportable, qui heureusement, s’améliore largement dans les volets suivants. 

Fragment d’un rêve, souvenir lointain

Kingdom Hearts a probablement créé ma passion éternelle pour les maxi-réunions et les crossovers en tout genre. C’était un peu Infinity War avant l’heure, et franchement, 17 ans plus tard, la simple idée totalement random de déglinguer Sephiroth, l’un des méchants les plus badass de tous les jeux vidéo, à l’aide de Donald et Dingo me paraît toujours aussi géniale.

J’avais déjà la hype, à 8 ans, de me balader dans le Pays des Merveilles, Atlantica ou encore Agrabah, mais alors si vous me rajoutez des personnages de FF, des histoires sombres et pouvoir me balader avec La Bête dans un bastion mystérieux, banco. 

Le tout, accompagné d’une musique plutôt géniale, avec Yoko Shimomura aux commandes (qui a dernièrement réalisé celle de FF XV, avec, à défaut d’un scénario, un joli son). Si elle n’a pas autant d’écho que les thèmes de son grand frère Final Fantasy, certains titres phares, comme Dearly Beloved résonnent encore dans la tête des fans. Je me souviens encore des covers totalement pétés qui fleurissaient sur un YouTube encore un peu naissant pour l’époque.

Bref. Si vous n’y avez jamais joué, mais que vous avez conservé un minimum votre âme d’enfant, ou si vous prenez plaisir à mater et remater les Disney, tentez le coup. J’ai grandi un peu, depuis, mais bon, comme le dit le sage Léon, même si on ne se revoit plus, jamais on ne s’oubliera !

Tout le monde a un peu son jeu de cœur, comme on dit. Si, depuis la sortie de Kingdom Hearts et les centaines d’heures passées dessus, j’ai joué à une tonne d’autres jeux extraordinaires, il reste celui qui m’a un peu lancée dans le gaming. Oui, il y a eu la GameBoy avant et la Sega, les parties interminables de Super Mario où on laissait la GameBoy en charge parce qu’il était impossible de sauvegarder… Mais Kingdom Hearts restera toujours cette histoire qui a vampirisé des heures et des heures de mon enfance. Et c’est cool.

Aujourd’hui, on en est au troisième opus, et d’ailleurs, le DLC de Kingdom Hearts III, lui, sortira le 23 janvier prochain. Voici la bande-annonce, sortie lors du State of Play le 11 décembre dernier :

Par Victoria Beurnez, publié le 21/12/2019