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Test de Crash Bandicoot 4 : la nostalgie suffit-elle à la next gen ?

Publié le

par Pierre Bazin

Retour tourbillonnant… sur une console qui roupille ?

Il est fort à parier que le péramélidé, espèce de marsupial endémique de l’Australie, plus communément appelé "bandicoot", serait resté inconnu du grand public sans l’arrivée en 1996 d’un certain Crash. Le personnage, créé par les studios Naughty Dog, a marqué toute une génération de joueurs PlayStation, avec trois épisodes de platformers consacrés et un épisode spécial de courses de karts.

L'année 2017 marquait ensuite le retour en force de Crash Bandicoot avec un remake, la N. Sane Trilogy, très bien accueilli par les vieux fans comme les jeunes découvreurs de la licence. Trois ans plus tard, il était donc logique pour l’éditeur Activision de continuer sur sa lancée, avec la sortie récente de Crash Bandicoot 4: It’s About Time. Aujourd’hui, ce qui nous intéresse, c’est l’arrivée récente du titre sur PlayStation 5, car la console next gen de Sony n’a pour le moment pas grand-chose à se mettre sous la dent.

De la simplicité dans la diversité

Crash Bandicoot 4: It’s About Time ne perd pas de temps avec une longue présentation. Très rapidement, le contexte est posé : Cortex et N. Tropy sont de retour, accompagnés de leurs sous-fifres habituels. Exploitant des failles dans l’espace-temps, les deux compères sont bien décidés à régner sur ce dernier.

Incombe donc à Crash et Coco de parcourir ces multiples trous béants dans la 4e dimension pour vaincre un à un les différents adversaires afin de sauver les masques ancestraux perdus et l’espace-temps en général – rien que ça.

<em>Les classiques ne meurent jamais.</em>

En chemin, les deux bandicoots rencontreront ennemis, alliés et parfois un peu des deux en même temps. Niveau scénario, comme on s’y attendait, on n’est loin de quelque chose d’original, mais le titre l’assume, n’hésitant pas à lâcher des références aux anciens épisodes ainsi que des petites piques humoristiques et meta sur la redondance narrative inhérente à une franchise de platformers.

Le choix, certes facile, du voyage temporel fonctionne bien. Le jeu nous emmène ainsi aux quatre coins du monde et du temps pour nous faire découvrir des niveaux très variés et inspirés. Crash Bandicoot 4 est beau, très beau même. L’ambiance cartoon originelle de la franchise se retrouve dans le moindre détail du décor. Les adversaires s’enchaînent et ne se ressemblent pas, nous offrant à chaque fois d’hilarantes animations.

Montagne enneigée, île tropicale, Japon relaxant ou bayou vaseux... chaque univers est accompagné d’une direction artistique distincte et d’une musique plutôt enjouée et rythmée. Visuellement, on ne s’ennuie jamais : le level design et la DA se marient parfaitement pour nous offrir un cocktail de couleurs et de bruits savamment orchestré.

<em>Mention spéciale au niveau qui nous plonge dans une simili Nouvelle-Orléans, en plein festival de musique endiablée.</em>

Du challenge inclusif

Un platformer se juge d’abord sur sa maniabilité. De ce côté-ci, il y a peu à redire mais tout de même... Les bandicoots sont très contrôlables et on appréciera quelques petits détails, comme le marqueur d’atterrissage à chaque saut. Le tout est fluide, mais admettons que, parfois, certains mouvements se retrouvent miraculeusement sauvés ou, au contraire, injustement sanctionnés par quelques imprécisions de gameplay. Rien de bien dramatique mais pas un sans-faute non plus, car dans un platformer c’est une dimension qui se doit d’être parfaite.

<em>Certains passages demandent beaucoup de précision.</em>

Le gameplay s’est d’abord voulu divers dans Crash 4. Les premières heures défilent très vite tant l’offre de niveaux proposée semble, à première vue, gigantesque et variée. À l’intérieur même des niveaux, ce sont différents passages qui s’enchaînent sans trop se ressembler. Ainsi, on retrouve tantôt de la pure plateforme en 2D vue de côté, qui enchaîne sur une course-poursuite suivie d’une glissade enneigée ou sur des rails huilés pour finir par des boss tous très amusants.

Ces alternances permettent, en théorie, au joueur de ne jamais s’ennuyer. Pourtant, au bout d’une dizaine ou quinzaine d’heures, s'installe une certaine redondance, qu’on croirait presque inhérente au genre du platformer.

Les quelques niveaux qui nous font jouer parfois d’autres personnages que Crash ou Coco sont agréables mais ne se différencient pas assez des levels plus "classiques".

Parlons enfin de la difficulté. Crash Bandicoot n’a jamais été un jeu facile (loin de là), il était donc important de retrouver cette dimension de défi. Le jeu s’en sort plutôt bien de ce côté-là, avec un challenge initial plus que correct. La difficulté peut parfois un peu retomber sur certains niveaux mais réussit, globalement, à conserver cette bonne marge de progression sur le long terme.

Là encore, c’est son offre variée qui change la donne. Pour un débutant du genre, le jeu est loin d’être impossible, sans toutefois être offert, tandis qu’un adepte expérimenté pourra prendre beaucoup de plaisir à refaire cent fois les niveaux.

Car derrière chaque niveau, c’est une douzaine de gemmes qu’on peut potentiellement récupérer : sans mourir, en ayant toutes les caisses ou encore en faisant les zones bonus qui deviennent rapidement de véritables casse-tête. Et pour ceux qui voudraient encore plus d’expérience speedrun, un contre-la-montre a été ajouté et vous pouvez même vous affronter contre un ami sur un même niveau. Autant vous dire que "platiner" Crash Bandicoot 4 ne sera pas une sinécure.

<em>Chaque niveau a aussi sa version alternative inversée.</em>

Mais la next gen dans tout ça ?

Crash Bandicoot 4 est un des récents titres à être venus sur la next gen : PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Évidemment, on ne parle pas de ray-tracing sur un jeu aussi cartoonesque, mais force est de constater que la 4K et le 60 FPS sont clairement très appréciables.

Et après… ? Et bien, il faut l’admettre avec de tels jeux, on n’a encore du mal à voir le potentiel d’une PS5. Certes quelques petites sensations dans la DualSense sur certains passages nous le rappellent à intervalles très irréguliers, mais le tout semble encore assez daté pour la nouvelle de Sony.

Les temps de chargement sont certes bien plus rapides que sur PS4 mais ne provoquent pas non plus ce "wow" auquel on aurait pu s’attendre (comptez quand même bien 15-20 secondes du démarrage du jeu à la réelle prise en main). Ce n’est évidemment pas de la faute de Crash Bandicoot 4 mais on commence sérieusement à s’interroger sur quand le futur du gaming arrivera-t-il réellement dans nos mains.

Résultat : B+

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