Test : Doom, Doom, Doom, Doom, I want you in my room

Tronçonner du démon n'a jamais été aussi grisant que dans cet épisode Eternal.

Qui est l’ancêtre des jeux de tir à la première personne ? En 1993, les studios id Software, qui pouvaient déjà se targuer d’avoir posé les bases du FPS moderne avec Wolfenstein 3D, secouent les joueurs du monde entier avec Doom.

Le titre a révolutionné le genre du FPS, les graphismes 3D, le multijoueur, les lans et, disons-le franchement, le jeu vidéo en général. Après la sortie de Doom 3 (2004), ce fut silence radio pour la franchise pendant douze longues années. En 2013, John Carmack, concepteur de légende du premier titre, annonce quitter id Software pour travailler sur Oculus VR.

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Coup de tonnerre donc quand, en 2016, Bethesda, désormais éditeur exclusif d'id, balance aux joueurs abasourdis… Doom. Un nom simple, efficace, pur, qui signifie un retour aux sources du fast-FPS avec un titre survitaminé, nerveux, difficile et diablement gore.

Rebelote 4 ans après avec une suite : Doom Eternal. Malgré un report de sortie de plusieurs mois, le sésame tant attendu a fini par arriver. Au programme : toujours autant de violence, peu de scénario et des séquences de bagarre contre des démons tous plus cruels les uns que les autres.

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Ambiance trash pour cocktail infernal

Soyons clairs : on ne joue pas à Doom pour son histoire, la profondeur de ses enjeux ou encore ses rebondissements scénaristiques. Votre protagoniste lui-même (le "Slayer") le sous-entend du fait de son mutisme constant. La Terre va mal, envahie par les démons, et vous vous retrouvez entre différentes factions humaines et démoniaques avec l’objectif de massacrer le plus de démons et autres Prêtres de l’enfer possible.

Certes, il y a bien une histoire, un lore dans Doom, et les fans de la première heure pourront passer du temps à récupérer et à lire les nombreuses pages du Codex à ce propos – l’univers reste cohérent avec les autres épisodes.

En revanche, nul besoin de grandes envolées narratives lorsqu’il s’agit de péter la gueule en masse à d’affreuses créatures. Aller à l’essentiel, c’est l’objectif d’un fast-FPS, mais cela n’empêche les différents niveaux de bénéficier de nombreuses ambiances "gothico-démoniaques" extrêmement variées et toutes magnifiées.

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Côté technique, le titre est absolument magnifique, que ce soit dans ses effets sanguinolents, pyrotechniques ou lumineux. Les animations, qu’elles soient de combat ou de déplacement, sont toutes très réussies même si on a tendance à se lasser un peu des répétitions de ces dernières vers la fin de la campagne.

Impossible de ne pas parler musique pour Doom, car cette BO vous entraînera au bout de la nuit. Derrière, on retrouve le talentueux Mick Gordon, déjà derrière le Doom de 2016. Outre les orchestrations heavy metal, les chœurs rauques et les riffs endiablés, il faut également applaudir le sound-design. Sur ce point, c’est un sans-faute avec une maîtrise totale des rythmes du jeu et de la musique qui résonnent à l’unisson.

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Un Just Dance sanguinolent

Le fast-FPS n’est pas le sous-genre le plus populaire de ces dernières années, mais Doom Eternal pourrait peut-être renverser légèrement la tendance.

L’action de ces jeux est très éloignée des banals jeux de tir à la première personne où l’on peut se reposer, respirer un coup, reprendre de la santé et faire d’autres "caprices" que le jeu vidéo moderne nous permet désormais. Doom est le pendant vidéoludique du bus de Speed : si vous vous arrêtez, vous êtes mort.

En réalité, Doom Eternal n’est pas seulement un FPS, c’est aussi un jeu assez "arcade" et même de rythme. Le gameplay vous oblige à vous mettre en danger, à prendre des risques, à sans cesse vous déplacer. Que ce soit de la vie, de l’armure, ou juste un petit temps mort d’invulnérabilité dans le combat, il faudra aller le chercher à la sueur de vos poings et à l’essence de votre tronçonneuse.

Cela signifie que vous allez mourir, même à un faible niveau de difficulté. Pourtant, on y revient avec entrain. Non pas que la frustration soit absente, mais les motivations sont, elles aussi, bien présentes.

Il faut dire qu’il y a 1 001 façons d’aborder une salle remplie de démons. Si le titre est punitif, son arsenal, lui, est inspirant : vous retrouverez ainsi les classiques armes de la saga et également de nouvelles, sachant que toutes peuvent avoir des "modules" qui les changent drastiquement sur une durée limitée. Avec une telle variété de gameplay de combat proposée, vous ne vous ennuierez pas.

Les combats sont très aériens et agiles.

Entre chaque session de bastonnade, vous aurez un peu de répit quand même. On compte en effet de nombreuses phases d’exploration et de plateformes assez plaisantes. Mieux encore : de véritables énigmes, assez corsées pour certains secrets (facultatifs), viendront aussi mettre vos neurones à l’épreuve.

Enfin, si Doom Eternal ne propose pas une tonne de niveaux, sachez que ces derniers sont bien fournis. Le level design est une vraie réussite et appellera les plus curieux à farfouiller dans chaque recoin pour obtenir un secret ou deux. Cela va du easter egg "pour la frime" aux véritables améliorations permettant de moins mourir en passant par les "codes de triche" qui vous laisseront rouler sur les niveaux quand vous y reviendrez.

Que vous soyez speedrunner ou platineur, vos attentes pourront donc être comblées, d’autant plus qu’il y a beaucoup d’options de difficulté pour les plus maso.

NB : Les serveurs étant encore off, nous n’avons pas pu tester le mode multijoueur "Battlemode" de Doom Eternal.

Résultat : A

Doom Eternal est signé d’une main de maître. Le titre allie les sensations nerveuses et frustrantes de nos vieux FPS d’antan aux améliorations nécessaires des jeux de tir modernes. Avec une durée de vie exceptionnelle, un rythme parfait en tout point et une ambiance réussie dans sa grande partie, vous allez venir et revenir plus d’une fois à cette future référence du fast-FPS.

Ce qu’on a aimé :

  • Un gameplay nerveux, jouissif et maîtrisé avec un arsenal démoniaquement varié.
  • Une durée de vie extrêmement correcte qui invite à y revenir.
  • Cet OST, mon Dieu… Cet OST.

Ce qu’on a moins aimé :

  • Ce n’est pas pour tout le monde, même en basse difficulté.
  • Un bestiaire un peu trop répétitif à la longue tout comme les animations pour les achever.
  • Une histoire… bon, un peu expédiée quand même.

Par Pierre Bazin, publié le 20/03/2020