Test : Final Fantasy VII remake, la meilleure chose qui arrivera à votre confinement

Le nouveau volet de la méga-franchise est une incroyable réussite.

Le remake est à l’heure actuelle l’un des exercices les plus casse-gueule possible. La sensation d’overdose et de manque de créativité d’un côté, et le fait de s’attaquer à des objets ultra cultes et intouchables de l’autre, rendent le tout de moins en moins attirant. Que ce soit pour le cinéma ou le jeu vidéo.

Sauf qu’il y a de bons remakes. De ceux qui racontent quelque chose, qui offrent une expérience différente (meilleure ?), qui choisissent l’originalité à la facilité. Si, ça existe, et c’est d’ailleurs assez courant. De là à en faire une pépite, il y a quand même un grand pas à franchir. Spoiler : Final Fantasy VII le fait, subtilement.

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Reste la question de comment juger une telle œuvre. Faut-elle sans cesse la comparer à l’original, quitte à ne pas prendre en considération toutes les nouveautés comme des éléments bienvenus, ou partir du principe qu’un jeu existe en tant que tel, remake ou non ? Nous avons décidé d’aborder la deuxième approche ici.

Pour deux raisons : parce que le premier Final Fantasy VII, sorti en 1997, est bien trop culte, trop important dans l’histoire de l’industrie vidéoludique, trop adoré de millions de fans, et que le nouveau serait forcément moins bon. Alors qu’en réalité, le jeu a depuis vieilli, ses mécaniques aussi, et ce qui importe, c’est la manière dont Square Enix recycle tout cela ici. Donc ne regarder que l’œuvre devant nous, rien d’autre.

Assez de sémantique, penchons-nous sur cette aventure, l’une des plus incroyables de l’année jusque-là, et qui est sans nul doute la meilleure chose qui puisse vous arriver pendant votre confinement (avec Animal Crossing, bien sûr).

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Un scénario incroyablement moderne

Premier point, et peut-être le plus important : faut-il aimer la franchise et avoir joué à tous les titres sortis depuis 1987 ? Non, pas forcément. Au contraire ! Les fans ont plus de chances d’être déçus qu’un néophyte aimant les J-RPG voire les RPG et qui veut rentrer dans cet immense catalogue par la grande porte. Car son grand point fort, reste son histoire, parfaite de A à Z.

L’aventure s’ouvre par une cinématique d’une beauté mettant tout le monde d’accord. On y découvre Midgar de nuit, cette ville en hauteur façon Alita à l’univers cyberpunk assumé, son architecture, sa construction, son atmosphère. Le calme avant la tempête.

Une tempête dénommée Avalanche, un groupe d’écoterroristes soucieux de la planète, qui veut exploser un réacteur de la Shinra, sorte d’énorme firme qui exploite une ressource énergétique du fin fond de la Terre, la Mako — quitte à user notre planète.

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On incarne Cloud, un blond taiseux à l’épée, qui vient de rejoindre le clan mené par Barrett. La première mission est en soi un parfait tutoriel. On enchaîne les combats, et au bout d’une petite heure à assimiler les différents codes du gameplay, on se mange un petit boss bien costaud — le premier d’une longue série.

Un parfait aperçu de ce qui nous attend : une histoire riche, beaucoup de baston, de très belles cinématiques, des personnages bien écrits, et des rebondissements. Pendant plusieurs dizaines d’heures, vous suivrez les pérégrinations de ce groupe dans ces tentatives d’abattre la diabolique Shinra, tandis qu’on en apprend au fur et à mesure un peu plus sur chacun des protagonistes.

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Côté écriture, il n’y a rien à redire. Rien. C’est fluide, jamais redondant, hyper prenant. Et c’est sans parler du message de fond, foncièrement écolo et à charge sur la lutte des classes, illustré parfaitement ici avec ses strates, cette notion d’écrasement, la peur et l’envie de monter, etc. Un jeu au final plus actuel que jamais, et qui semble plus moderne et malin que les trois quarts des dystopies du genre.

Un couloir un poil trop étroit ?

Cette histoire est par ailleurs enrichie par des quêtes qui ne servent qu’à renforcer certaines backstorys (ou offrir des objets, mais bon, rien d’indispensable). Ce qui est un peu décevant d’ailleurs car ces dernières ne servent au fond pas à grand-chose. Elle donne du volume aux personnages, te donne de l’EXP certes mais ne fait pas visiter plus Midgar, ne dévoile pas des pans entiers en plus.

Car là réside sans nul doute la faiblesse du jeu. On est sur un jeu couloir, où le joueur n’a que peu de liberté de déplacements. Ce qui aurait pu ne pas être un problème, si on nous ne montrait pas tout le temps l’immensité de ce territoire que vous ne pourrez du coup jamais visiter. Et c’est frustrant. D’autant plus frustrant que le jeu ne se concentre que sur Midgar (à savoir la première partie du jeu originel).

Midgar de nuit

On a de quoi faire quand même, puisqu’en scrutant tous les recoins et les quêtes, vous mettrez entre quarante et cinquante heures pour y venir à bout. Mais il y a cette sensation que ce n’est que le début, qu’on va nous emmener plus tard, mais pas maintenant, qui reste, et ne quitte pas le joueur.

Cela se ressent aussi sur les améliorations, qui sont au final assez légères. Comprenez-nous : on peut bien agrémenter son système de matérias, pour ses compétences et statistiques. Mais elle ne permet pas de choisir la combinaison idéale que vous cherchiez depuis des lustres et qui s’illustrera parfaitement dans vos combats. En soi, ce n’est pas grave. On perd juste un peu en stratégie.

Un peu dommage, surtout quand on voit que l’aspect du combat est l’une des plus réussis de ce remake. Car autant l’original était un jeu de combat au tour par tour, autant ici, on est dans une forme hybride, entre du combat d’action basique et de la stratégie en temps réel.

Comprendre qu’on a cette jauge d’Active Time Battle qu’on remplit en fonction des coups mis, et qui permet d’user un certain nombre de sorts, objets, compétences ou incantations en activant un menu pendant le combat. Ce qui casse le rythme au début, mais devient un élément clé de tous les gameplays.

Cela donne envie de mieux se battre que jamais, d’esquiver à tout prix les attaques des ennemis, et de pouvoir alterner dans les combats jusqu’à trois protagonistes — gros point fort aussi, car chaque perso a vraiment des gameplays différents, l’un étant plus fort pour les attaques à distance, une autre étant particulièrement rapide. On n’aurait pas été contre un peu plus de difficultés, mais cela ne gâche pas les combats pour autant.

Cela se conjugue étrangement parfaitement bien avec l’univers cinématographique qui ressort du jeu. Car oui, on a vraiment l’impression de regarder un film. La dose d’action, de repos, de cinématique très récurrente — un peu comme ces jeux des années 2000, marque de fabrique de Square Enix — donne au tout une sensation rare d’addiction. Preuve qu’on est face à un petit bijou du genre. 

Il faut dire que la beauté des graphismes joue beaucoup là-dedans. Entre les fonds,magnifiques, la lumière des cinématiques qui subliment ces personnages plus humains que jamais, et des animations parfaites, il y a peu à redire. Il y a bien des pétouilles par-ci par-là, mais rien qui sorte de l’expérience vidéoludique que l’on vit. Ajoutez à cela une des plus belles musiques de jeu vidéo de ces dernières années, et vous comprendrez que l’ensemble est proche de la perfection.

Résultat : A-

Ce Final Fantasy VII est plus qu’un bon remake, c’est un excellent FF. Un jeu long, très bien écrit, sublime, au gameplay exemplaire, mais qui souffre d’un chouïa de manque d’ambition. Il ne sort pas de sa zone de confort, qu’il maîtrise certes à la perfection, mais ne prend au final peut-être pas assez de vrais risques et est un poil frustrant. Ce qui ne l’empêche d’être un excellent jeu.

Ce qui est cool :

  • L’univers et l’histoire sont vraiment incroyables
  • Le système de jeu, très malin et moderne
  • Les graphismes, la plupart du temps vraiment sublimes

Ce qui est moins cool :

  • Très couloir quand même…
  • Se concentre trop sur son scénario et pas assez sur ce qu’il y a autour
  • Un poil trop facile ? Ou pas assez complexe ?

Par Arthur Cios, publié le 10/04/2020