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Test : Little Nightmares II ou l’horreur en douceur

Publié le

par Pierre Bazin

Pas besoin de gros screamer pour flipper.

Quatre ans après leur premier succès, les Suédois de Tarsier Studios ont décidé de retourner à leur recette gagnante : l’angoisse. Little Nightmares II est une de ces petites pépites vidéoludiques plus très indé techniquement mais qui en a gardé l’esprit.

Avec un premier opus très réussi, qui avait su conquérir presse et public, la pression qui reposait sur l’équipe de développeurs était donc grande. Alors pari réussi ?

La flipe subtile

Comme pour le premier épisode, le jeu nous plonge directement dans son ambiance morbide aux côtés, cette fois-ci, de Mono, petit garçon timide qui dissimule son visage derrière un sac en papier kraft. Dès le premier niveau de la forêt, l’atmosphère est fixée : pesante.

Sublimé par d’excellents éclairages, de jeux d’ombres ou d’une brume anxiogène, le titre tient ses promesses. Ce n’est toujours pas un véritable jeu "d’horreur" mais bien un thriller psychologique où la peur est subtilement distillée sur chaque niveau.

Nul besoin de screamer (il y en a parfois à de très rares occasions) car l’environnement ne veut pas vous dégoûter de jouer mais bien stimuler votre imagination. En d’autres termes : c’est vous qui cauchemardez en avance de ce qui vous attend dans le reste du jeu.

La caméra, peu contrôlable, est aussi un de ces ingrédients essentiels de ce cocktail d’angoisse. Tantôt lointaine, pour mettre en exergue la vulnérabilité de votre petit protagoniste face à ses horribles assaillants, tantôt resserrée, pour réveiller la moindre claustrophobie latente chez le joueur ou la joueuse.

<em>Planqué sous le bureau du fond (j’ai peur).</em>

L’ambiance sonore, de son côté, s’occupe de toujours vous mettre en garde contre les dangers omniprésents qui peuvent venir de n’importe où. La musique enfin, bien que souvent discrète, réussit tout de même à s’affirmer aux moments cruciaux… ou dans les pauses salvatrices que nous offre le titre entre chaque chapitre.

À deux, c’est mieux ?

Les nouveautés de gameplay apportées par Little Nightmares II sont nombreuses, à commencer par la présence d’un autre enfant qui rappellera très étrangement l’héroïne Six du premier opus – peut-être est-ce elle tout simplement ?

Très rapidement, des interactions à deux vont vous être proposées et tout ce que vous entrepreniez autrefois seul… devra être désormais effectué en binôme – pour la majeure partie du temps. Malheureusement, les possibilités avec votre ami·e restent assez limitées dans l’absolu et la plupart du temps vous vous contenterez de faire surtout la courte échelle entre vous. Heureusement, vous pouvez tenir la main de votre compagnon d’infortune pour vous mouvoir ensemble vers les prochains dangers.

Et des dangers, il y en a. Aussi bien sous forme de monstres, mini-boss ou encore ces dizaines de pièges vicieux qui ne manqueront pas de vous surprendre. Tout est effrayant. Le fait de pouvoir être one shot par n’importe qui/quoi vous forcera nécessairement à vous y reprendre à plusieurs fois, sans toutefois trop forcer au point de devenir frustrant.

Comme dans le premier épisode, les phases d’infiltration sont au cœur du titre. Vous allez passer beaucoup de temps à vous enfuir et à vous planquer, ce qui est normal étant donné votre gabarit en comparaison à vos ennemis. Mais la grande nouveauté de Little Nightmares II, c’est de pouvoir, parfois, répondre par la violence.

En effet, là où Six dans le premier jeu n’avait qu’une lampe torche, il vous est maintenant proposé un bien plus large arsenal composé de marteaux, tuyaux et outres objets contondants. Vous allez enfin pouvoir dégommer de l’ennemi, et ce n’est d’ailleurs pas si simple mais terriblement satisfaisant.

<em>Approche…</em>

Au final, de nombreux passages, qu’ils soient d’infiltration, de plateforme ou de combat, vous demanderont un certain sens du rythme. Beaucoup d’actions demandent subtilité et maitrise du tempo adéquat pour réussir. C’est à la fois une expérience grisante et parfois frustrante lorsque quelques rares bugs de collision ou de clipping viennent gâcher le tout.

Résultats :

Little Nightmares II fait bien mieux que son prédécesseur, sans aucun doute. Avec une durée de jeu quasi équivalente (comptez 6-10 heures selon votre rythme), vous allez y trouver bien plus de variations de gameplay. Nous n’avons rien dit quasiment de l’histoire que vous devrez découvrir vous-même. Si elle semble assez abstraite à première vue, la conclusion finit tout de même par lui donner un sens.

Hormis les quelques bugs techniques qui viennent parfois nous frustrer et nous sortir de l’ambiance sublime d’angoisse permanente, on aurait aussi apprécié un chouïa plus d’interactions avec notre binôme. Mais dans l’ensemble, le titre reste très plaisant pour n’importe quel fan du genre ou novice curieux.

Note : A

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