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Test : Spider-Man: Miles Morales est la parfaite introduction à la PS5

Publié le

par Arthur Cios

L'homme-araignée est de retour, et c'est toujours aussi jouissif de se balader à New York de toile en toile.

La notion de madeleine de Proust est propre à chacun. Littéralement, on parle d’un objet d’enfance qui a marqué votre être au point que son seul souvenir peut vous renverser. Pour l’auteur de ces mots, l’une de ces madeleines serait sans nul doute un jeu, à savoir le premier Spider-Man sur PC. Il faut savoir que j’ai une histoire particulière avec le héros, et un amour indéfinissable pour les jeux de la franchise.

Ainsi, j’anticipe : oui, il va être délicat d’être impartial. Et pourtant, c’est dans une totale tentative d’objectivité que l’on peut vous dire ainsi : Spider-Man: Miles Morales est génial. Vraiment génial. Pas révolutionnaire, ni le meilleur de la franchise – difficile de passer après ce premier volet exemplaire. Mais réussi. Et il est la meilleure introduction à la PlayStation 5.

Ni plus, ni moins.

Une histoire basique, certes

Spider-Man: Miles Morales fait directement suite au premier jeu d’Insomniac Games, sorti à la rentrée 2018. Après un bref récapitulatif des évènements, on suit Miles, fraîchement devenu Spidey deuxième du nom, qui continue d’appréhender ses pouvoirs. Après une première mission assez costaude, Peter Parker nous annonce qu’il part en reportage en Europe pour accompagner sa chère et tendre, Mary Jane Watson, et qu’il nous laisse les rênes de la ville.

Bien évidemment, suite à son départ, les choses se gâtent. On va éviter les spoilers, mais disons qu’une vieille amie va refaire surface, une entreprise énergétique essaie de révolutionner la vie des habitants (et on se doute que ça a l’air un peu louche), tandis qu’une entreprise privée est toujours en charge de la "sécurité" des citoyens – toujours une bonne idée, ça.

En réalité, rien de bien original pour ceux qui ont joué au premier – même s’il faut reconnaître qu’on peut jouer à celui-ci sans avoir fini le précédent. Les thématiques en tout cas semblent proches de celles des comics, à savoir les trahisons, les proches masqués, la passation de pouvoir, et la morale du héros perdu entre le comportement de certains et la réalité qu’il en perçoit.

(© Sony/Insomniac Games)

Pour être honnête, ce jeu n’est pas basé sur une histoire incroyable en tant que telle. Nous avons peut-être lâché une larme sur la fin, sans que ce soit comparable à notre émotion à la fin du jeu de 2018. L’intrigue est un peu plus faiblarde, même si très bien racontée et malgré tout vraiment construite crescendo. Le problème est que Miles Morales semble être un jeu transitoire, un vrai stand-alone annonçant un Spider-Man 2.

S’agit-il réellement d’un problème ? Oui et non.

Un petit coup de force malgré tout

Sur le fond, le jeu se base en grande partie sur ce qu’avait établi le premier. La carte semble à peu près similaire, en dehors de quelques lieux emblématiques de l’histoire de Miles, et du fait que New York soit totalement enneigé. Le système de collecte, les menus, les évolutions : Insomniac a pris la même monture, et l’a mise à jour. Cela va déplaire à certains, et on comprend. Mais en même temps, quand on joue à un stand-alone, on s’attend à peu près à ça.

Néanmoins, on ne peut pas limiter Morales à ça. Il y a un tout autre aspect du combat en plus avec cette bioéléctricité que génère notre héros au fil des combats, sans parler des outils de filature bien plus développés. Tout cela donne plus d’épaisseur aux combats, aux stratégies que l’on peut mettre en place, aux différents combos, et à l’esthétique même des bastons.

On peut le dire clairement : sur la fin, quand on a poussé le perso à fond, il est franchement plus agréable de jouer en tant que Miles qu’en tant que Peter. Dommage, sur ce point, que l’on n’ait pas plus de boss pour user de ses capacités…

Il y a un chat très mignon aussi, et ça pèse dans la balance, c’est certain. (© Sony/Insomniac Games)

Plus encore que les combats, il faut reconnaître qu’Insomniac a mis les bouchées doubles sur les séquences d’action, les cinématiques et tout ce qui va avec. La mise en scène est folle, digne d’un blockbuster. Tout se passe à une vitesse dingue, et pourtant, tout est clair. C’est l’un des meilleurs aspects du jeu : à défaut de vous prendre par l’histoire, le jeu vous attrapera par la construction et ses scènes dingues.

Et là-dessus, il faut admettre un autre point : le jeu est très beau, et profite pleinement de la nouvelle console. Nous n’avons pas pu le tester sur PS4, mais sur PS5, c’est flagrant : il y a eu un pas supplémentaire dans les graphismes, la fluidité de l’entreprise et la vitesse de chargement. C’est un jeu transitoire, donc qui ne peut jouir de toutes les qualités de la console, mais c’est une parfaite introduction.

Pas autant que sur Astro’s Playroom, c’est certain, mais dans Miles Morales, vous ressentirez une amélioration sur la nouvelle manette. Si l’on pousse le schmilblick jusqu’au bout, le travail sur les vibrations et les gâchettes adaptatives est solide et rend l’expérience encore plus immersive. On y joue une petite vingtaine d’heures pour s’approcher des 100 % – oui, moins que le premier, mais encore une fois, c’est un stand-alone – , et on en redemande.

Résultat : A-

En grande partie construit sur le modèle du précédent, et fait pour faire patienter les fans avant le retour d’un jeu Spider-Man en grande et due forme, Miles Morales n’a pas à rougir. Il est solide, ultra-agréable et par certains aspects meilleur que son prédécesseur. On peut regretter un manque d’ambition, une histoire bateau, mais on ne peut pas lui reprocher une chose : on s’amuse, beaucoup. Et c’est quand même le but premier, non ?

Ce qui est cool :

  • C’est un jeu Spider-Man, et c’est une qualité en soi
  • Un dynamisme rare, une mise en scène solide, et une construction du récit intéressante
  • Un plaisir de jeu immense
  • Les graphismes, la plupart du temps vraiment sublimes

Ce qui est moins cool :

  • Scénario assez basique
  • Se base un peu trop sur les acquis du premier jeu
  • Manque un peu d’épaisseur et souffre de l’aspect stand-alone

Pour nous écrire : hellokonbinitchno@konbini.com

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