AccueilGaming

Twitch porte plainte contre ses trolls et harceleurs

Publié le

par Benjamin Bruel

© Wikimedia Commons

Le site tente de résoudre le problème des "raids haineux" d’une nouvelle manière : en portant l’affaire devant la justice.

Pour la première fois, Twitch porte plainte directement contre deux utilisateurs de sa plateforme de streaming accusés de lancer des "raids haineux". Une tentative de plus pour lutter contre les vagues de harcèlement et de xénophobie qui s’abattent de manière régulière sur les streamers non blancs ou de la communauté LGBTQ+.

Rappelez-vous : mercredi 1er septembre, plusieurs streamers anglophones et francophones ont appelé au boycott de la plateforme suite à une vague de "raids haineux". Ces raids consistent en des attaques de bots qui viennent spammer le chat de certains streamers avec des messages malveillants ou xénophobes.

Les streamers visés par ces attaques, souvent pour leur genre, couleur de peau ou opinions politiques, considèrent que Twitch n’en fait pas assez pour lutter contre la haine en ligne et ces attaques. Ils avaient lancé dès le mois d’août le hashtag #TwitchDoBetter.

La réponse de Twitch

La plateforme avait déjà tenté une première réponse au milieu du mois dernier. "Nous avons vu beaucoup de conversations sur le boting, les raids haineux et d’autres formes de harcèlement visant les créateurs marginalisés, écrivait Twitch dans un communiqué. Vous nous demandez de faire mieux, et nous savons que nous devons faire plus pour résoudre ces problèmes."

Résultat, le site avait instauré de nouveaux filtres pour mieux détecter les discours de haine dans les tchats, un processus de vérification des comptes plus stricts et d’autres mesures. Des dizaines de milliers de comptes ont déjà été bannis de Twitch, sans succès apparent : les raids haineux ont continué ces dernières semaines dans le monde entier.

En France, le streamer Krayn a par exemple expliqué sur Twitter avoir été, début septembre, victime de vagues de harcèlement sur son tchat et son Discord – sans préciser s’il s’agissait de bots ou non.

Face à l’ampleur du phénomène, Twitch a donc décidé, jeudi 9 septembre, de porter l’affaire en justice. Selon la plainte déposée devant le tribunal de district de Californie du Nord, Twitch vise précisément deux utilisateurs aux pseudonymes de "Cruzzcontrol" et "CreatineOverdose", que l’entreprise accuse d’inonder de manière constante la plateforme de "langages et contenus racistes, sexistes et homophobes".

Le premier utilisateur serait résidant des Pays-Bas, tandis que le second serait installé à Vienne, selon les documents judiciaires cités par la presse américaine, comme le site Gizmodo. Ils auraient tous deux déjà été bannis de Twitch, pour mieux y revenir avec de nouveaux comptes alternatifs.

"CruzzControl est responsable de près de 3 000 comptes de robots associés à des raids haineux. Les bots développés et déployés par CruzzControl ont été liés à divers éléments de raids haineux, y compris ceux ciblant des streamers noirs et LGBTQIA+", expliquent encore les documents.

Viser spécifiquement des individus à travers des poursuites judiciaires va-t-il résoudre le problème ? Si la plateforme semble espérer créer un climat de peur chez les créateurs de bots spammeurs, on a du mal à croire que le problème peut être entièrement résolu de cette manière, alors que Twitch accueille plus de 30 millions d’utilisateurs chaque jour.


Pour nous écrire : hellokonbinitechno@konbini.com.

À voir aussi sur techno :