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À quoi ressemblent les drones utilisés par les rebelles houthis contre l’Arabie saoudite ?

Publié le

par Konbini Techno

© AFP PHOTO / HO / SAUDI MINISTRY OF MEDIA

Les plus puissants sont équipés de 18 kg d’explosifs…

Les rebelles houthis privilégient désormais les drones pour attaquer l’Arabie saoudite, qui les combat au Yémen en soutenant les forces du gouvernement. Et la multiplication des attaques ces dernières semaines interroge sur les capacités de fabrication des insurgés, soutenus par l’Iran.

Alors qu’ils utilisaient autrefois des missiles balistiques, les Houthis ont largement adopté les drones armés, atteignant grâce à eux des régions du sud de l’Arabie saoudite, voire des installations pétrolières du royaume, premier exportateur de brut au monde.

De quels drones disposent les rebelles ? Quelle est leur stratégie ?

Produit local ou iranien ?

L’Arabie saoudite et les États-Unis accusent l’Iran, rival régional du royaume saoudien, de fournir des armes aux Houthis. Téhéran ne cache pas son soutien politique aux rebelles mais dément tout appui militaire.

Les rebelles affirment fabriquer leurs drones localement. Ces engins blancs et gris portent l’inscription "made in Yemen" mais des experts estiment qu’ils contiennent des composants iraniens.

Ces composants sont introduits en contrebande par la frontière avec Oman dans la province orientale d’Al-Mahra et par des petits ports le long de la mer Rouge, de la mer d'Oman et du golfe d'Aden, selon un rapport du groupe de réflexion Center for Strategic and International Studies (CSIS), basé à Washington.

Attaques et surveillance

Le drone des Houthis le plus avancé est le Samad-3, qui peut être équipé de 18 kg d’explosifs. Sa portée est de 1 500 kilomètres et sa vitesse de pointe de 250 km/heure, selon les rebelles.

Viennent ensuite les Qasef-1 et Qasef-2, avec une portée de 150 km pour une charge de 30 kg d’explosifs.

Le 11 mars, les rebelles ont dévoilé sept nouveaux types de drones, sans préciser leur portée ni leur puissance. Ils ont notamment présenté une nouvelle version de leur drone le plus sophistiqué, le Samad-4.

Les Houthis disposent également de drones de reconnaissance de courte portée comme le Rased (35 km), le Hudhhud (30 km) et le Raqib (15 km). Ces appareils utilisent un GPS et "volent de manière autonome le long de points de repère préprogrammés vers leurs cibles", ont écrit les experts du CSIS dans un rapport publié en 2020.

Côté saoudien, le système de défense antimissile américain Patriot enregistre un bilan mitigé en matière d’interception de projectiles en provenance du Yémen et semble peiner à repousser les drones volant à basse altitude, selon des experts.

L’Arabie saoudite, pourtant parmi les premiers acheteurs d’armement au monde, possède 80 radars de défense aérienne autonomes, dont beaucoup sont vieux de plusieurs décennies.

Menace permanente

Selon l’Arabie saoudite, au moins 45 attaques de drones ont visé le royaume depuis le début de l’année, dont trois ont touché des installations pétrolières et des aéroports dans le sud, dans l’est et même dans la capitale Ryad, pourtant située à quelque 1 000 km de la frontière yéménite.

"Les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite vont probablement se poursuivre […], en particulier avec le développement de l’offensive des Houthis à Marib", estime le cabinet d’analyse économique américain IHS Markit dans un rapport.

Les rebelles ont également menacé de viser les riches villes d’Abou Dhabi et de Dubaï aux Émirats arabes unis, qui abritent la première centrale nucléaire du monde arabe. Membre de la coalition dirigée par les Saoudiens, les Émirats ont largement réduit leur implication au Yémen ces derniers mois.

Konbini techno avec AFP


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