À San Francisco, un élu demande l’interdiction de la reconnaissance faciale

Ce serait une première pour une ville américaine.

(© Getty Images)

La ville la plus techno-compatible que la Terre ait connu pourrait peut-être donner le "la" en matière de techno-rétropédalage. Aaron Peskin, membre du Board of Supervisors de San Francisco (corps législatif de la ville composé de 11 personnes en tout), a récemment fait part de son intention d’en découdre avec la reconnaissance faciale : il souhaite ni plus ni moins la bannir de la cité, nous apprend Wired.

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Ce n’est pas tout : ce techno-sceptique notoire (l’année dernière, suite aux scandales sur Facebook, il voulait faire rayer la mention "Zuckerberg" sur l’hôpital du même nom financé par le jeune milliardaire) demande aussi à ce que tous les équipements de vidéosurveillance utilisés dans la ville, présents ou futurs, soient soigneusement soumis à un audit. L'objectif étant de maîtriser l’utilisation qui en est faite et le sort réservé aux données personnelles.

Actuellement, ce sont les États du Texas et de l’Illinois qui appliquent la législation la plus contraignante en matière de recueil de données biométriques, nous rappelle Wired. Certes, les citoyens doivent donner leur consentement, mais un refus peut parfois compliquer le quotidien. Le ban pur et simple est donc une mesure autrement plus radicale.

Les détracteurs de la reconnaissance faciale, dont Peskin fait partie, opposent généralement trois arguments à l’utilisation de cette technologie. Primo : elle serait inefficace pour lutter contre la délinquance et le terrorisme (c’est même la thèse étayée très récemment par un sociologue français après une minutieuse enquête de terrain) ; deuxio : elle menace les droits et libertés individuelles ; enfin, elle souffre de "biais technologiques" – les algorithmes d’Amazon, par exemple, se trompent davantage quand ils étudient des femmes à la peau foncée.

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Et même au cœur du cœur de la tech, hors politique municipale, la reconnaissance faciale suscite de vives inquiétudes. En juin dernier par exemple, le président de Microsoft, Brad Smith, tirait la sonnette d’alarme afin que "2024 ne ressemble pas au scénario de 1984".

Par Pierre Schneidermann, publié le 31/01/2019

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