Amazon interdit à la police d'utiliser sa technologie de reconnaissance faciale

Amazon embraie le pas à IBM.

"Nous prônons des régulations plus strictes des gouvernements sur le recours éthique aux technologies de reconnaissance faciale, et le Congrès semble prêt à relever le défi", a indiqué mercredi le géant du commerce en ligne dans un communiqué.

"Amazon a longtemps cherché à être la colonne vertébrale technologique de la police et de l’ICE [police de l’immigration, ndlr] en promouvant activement Amazon Web Services (cloud), son logiciel de reconnaissance faciale (Rekognition) et ses caméras de surveillance (Ring)", a élaboré Athena, un collectif d’une trentaine d’associations qui interpellent le groupe sur les impacts négatifs de ses diverses activités.

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Depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc il y a deux semaines, les entreprises, ainsi que les autorités locales et nationales, tentent de réagir à la pression de la rue et des réseaux sociaux. Les manifestants exigent notamment des réformes en profondeur de la police et des systèmes de surveillance, dont ils estiment qu’ils ciblent les personnes noires de façon disproportionnée.

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a présenté lundi une loi qui vise à "changer la culture" au sein de la police des États-Unis. Elle entend notamment créer un registre national pour les policiers commettant des bavures, faciliter les poursuites judiciaires contre les agents et "repenser leur recrutement et formation"

Amazon avait reconnu en octobre que, "comme toutes les technologies", la reconnaissance faciale pouvait être "mal utilisée". Elle avait assuré que ses équipes fournissaient des indications à tous les clients du logiciel Rekognition, "y compris les forces de l’ordre, sur la bonne manière de s’en servir".

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IBM, de son côté, a annoncé lundi suspendre la vente de logiciels de reconnaissance faciale à des fins d’identification, et s’est opposé à l’utilisation de toute technologie à des fins de surveillance de masse, de profilage racial et de violations des droits et libertés humaines de base. Lors d’un discours à Bruxelles, Sundar Pichai, le patron de Google, avait expliqué en janvier que la firme ne fournirait pas de service clé en main de reconnaissance faciale tant que des règles et garde-fous n’étaient pas mis en place par les autorités.

Nicole Ozer, responsable de la branche californienne de l’American Civil Liberties Union (ACLU), a appelé "Microsoft et les autres à rejoindre IBM, Google et Amazon pour avancer vers le bon côté de l’histoire".

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Par Battiste Delfino, publié le 11/06/2020