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Amazon US a une solution contre les pénuries de livreurs : les fumeurs de weed

Publié le

par Pierre Bazin

Un petit sandwich avec votre colis ?

Rien n’arrêtera les livraisons Amazon, pas même le cannabis, surnommé "cette merde" par notre cher ministre de l’Intérieur. Aux États-Unis, la firme a trouvé une solution pour pallier les pénuries de chauffeurs livreurs : elle recrute désormais les fumeurs de cannabis.

Alors non, il ne faut pas être capable de finir un joint en 2 minutes lors de l’entretien d’embauche pour obtenir un poste de chauffeur livreur. En revanche, Amazon a notifié ses entreprises de transport et livraison partenaires qu’être un consommateur de marijuana ne doit plus être un facteur éliminatoire dans le recrutement.

Selon Bloomberg, qui a pu examiner une correspondance entre la firme et les entreprises de livraison partenaires, Amazon estime que le nombre de candidats "éligibles" pourrait ainsi augmenter de 400 % et qu’à l’inverse, l’interdiction de consommer du cannabis réduisait d’un tiers le bassin de travailleurs potentiels.

La consommation de cannabis était l’un des principaux motifs de recalage à l’embauche pour les candidats. Désormais, il y aura toujours un test de dépistage, mais seule la présence de drogues "dures" – opiacés et autres amphétamines – sera considérée comme rédhibitoire.

Des mesures critiquées, un géant assuré de son bon droit

Toutes les sociétés de livraison ne sont pas prêtes à sauter le pas. Préoccupés par des histoires d’assurance ou tout simplement parce qu’ils sont localisés dans des États américains où la consommation récréative de cannabis reste illégale, des partenaires d’Amazon s’inquiètent de ces décisions. Certains craignent même qu’une telle "tolérance" incite des chauffeurs livreurs déjà en poste à consommer avant leurs trajets véhiculés.

Interrogé par Bloomberg, un chef d’entreprise de transport témoigne anonymement :

"Si l’un de mes chauffeurs tombe en panne, tue quelqu’un et est testé positif à la marijuana, c’est mon problème, pas celui d’Amazon."

Amazon ne cache pas ses intentions. En juin dernier, l’entreprise annonçait soutenir la légalisation du cannabis au niveau fédéral (tout le pays), et lorsqu’on est le géant Amazon, un tel "soutien" s’apparente davantage à du lobbying. Quelques jours après, la firme fondée par Jeff Bezos annonçait que la consommation de marijuana ne serait plus un "filtrage" pris en compte dans le recrutement de ses propres employés. C’est maintenant au tour de ses partenaires de s’aligner.

Dans un communiqué, une porte-parole d’Amazon déclare ainsi que les tests de dépistage de cannabis avaient eu un impact "disproportionné" sur les communautés "de couleur", ralentissant leur croissance d’emploi. La déclaration précise tout de même que l’entreprise n’encourage en aucun cas la consommation sur le lieu de travail, estimant qu’un employé ne doit pas volontairement "affaiblir" sa condition physique, et qu’en cas d’accident lié à la consommation de marijuana, il serait immédiatement renvoyé.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’au vu de la fréquence des pauses toilettes accordées aux employés des entrepôts d’Amazon, ces derniers ne pourront pas s’en rouler un petit en cachette.


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