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Amnesty International dénonce le sexisme omniprésent sur Twitter

Publié le

par Battiste Delfino

En raison du manque de données significatives fournies par le réseau social, il est difficile de mesurer l'ampleur du phénomène.

Twitter n’en ferait "toujours pas assez" pour protéger les femmes contre les violences et les abus en ligne, révèle une nouvelle analyse d’Amnesty International parue cette nuit.

"En dépit de certains progrès observés, la plateforme ne protège pas assez ses utilisatrices, conduisant de nombreuses femmes à se taire ou à se censurer sur la plateforme", a déclaré Rasha Abdul-Rahim, codirectrice d’Amnesty Tech, la branche dédiée au numérique d’Amnesty.

Elle poursuit :

"Nous avons décrit des mesures claires et directes que Twitter pouvait prendre pour faire de sa plate-forme un endroit plus sûr, pour que les femmes puissent exprimer leurs opinions. Twitter peut et doit en faire plus pour protéger les femmes contre les abus."

Depuis 2018 et la publication de "Toxic Twitter", un long billet pointant du doigt pour la première fois ce sexisme systémique, l’ONG exhorte sans cesse le réseau social à faire des efforts.

À l’époque, Amnesty International avait proposé dix pistes d’amélioration et mis en place un "Twitter Scorecard" – un système de code couleur pour évaluer les progrès de Twitter dans la mise en œuvre de ces recommandations, qui couvrent la transparence, ses mécanismes de signalement et les fonctionnalités de confidentialité et de sécurité du site.

Le rouge signifie que la recommandation n’a pas été mise en œuvre, l’orange indique que les travaux sont en cours et le vert signifie que la recommandation a été entièrement mise en œuvre. Pour l’instant, la société squatte le rouge et le orange.

Cette année, bien que Twitter ait divulgué des détails sur la façon dont il utilise ses algorithmes pour lutter contre la désinformation (notamment en réponse à la crise de COVID-19), il n’a pas encore fourni le même niveau de transparence sur la façon dont les algorithmes sont utilisés pour traiter les tweets sexistes, haineux et abusifs.

Twitter serait également réticent à divulguer des informations détaillées sur le nombre de modérateurs de contenu qu’il emploie.

Selon le communiqué, les femmes issues de minorités ethniques ou religieuses, de castes marginalisées, les femmes lesbiennes, bisexuelles ou transgenres – ainsi que les individus non binaires – et les femmes handicapées seraient, comme on s’en doute, touchées de manière disproportionnée par les abus sur la plateforme.

© Données tirées de la campagne "Toxic Twitter" de 2018 orchestrée par Amnesty International

"Le PDG de Twitter, Jack Dorsey, doit faire correspondre les mots à l’action pour montrer qu’il est véritablement déterminé à faire de Twitter un endroit plus sûr pour les femmes, termine Michael Kleinman, directeur de l’Initiative Silicon Valley d’Amnesty International. Nous continuerons à faire pression sur l’entreprise jusqu’à ce que nous voyions plus de changements qui montrent vraiment que les abus contre les femmes ne sont pas les bienvenus sur la plateforme."

Dans une réponse adressée à l’ONG, Twitter assume devoir fournir plus d’efforts, mais se justifie aussi de la difficulté de mettre en place des systèmes automatiques efficaces pour pallier les épidémies de haine sur la plateforme.


Vous qui utilisez Twitter, sentez-vous un malaise sur ces questions ? Votre avis nous intéresse. Écrivez-nous à hellokonbinitechno@konbini.com.

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