Ralf Hiemisch / Getty

Arrêtez tout : des chirurgiens ont mis un humain "en pause"

Un patient gravement blessé a été mis en biostase pour la toute première fois.

Pour la première fois dans l’histoire de la médecine, des chirurgiens ont réussi à mettre un patient en biostase. Cet état, proche de la cryogénisation, met le patient "en pause" : son corps s’arrête quasi totalement de fonctionner pendant quelques heures.

Samuel Tisherman, docteur de l’école de médecine du Maryland, a expliqué à New Scientist avoir réussi pour la première fois cette opération avec son équipe. En médecine, cette opération porte le nom assez parlant de "préservation et réanimation d’urgence".

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Des cas d’extrême urgence

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La biostase n’est utilisée que dans des cas d’urgence extrême. Par exemple, lorsque la victime, blessée par balle ou poignardée, perd une quantité fatale de sang. Dans ce type de cas, les chances de survie sont d’environ 5 %.

Tout est alors une question de temps pour sauver le patient. Il faut remplacer la totalité du sang par une solution saline glacée, afin de faire baisser la température du corps, et ainsi stopper temporairement l’activité vitale. Le corps affiche alors une température aux alentours de 10-15 degrés, au lieu des 37 degrés habituels, et l’activité cérébrale est presque interrompue.

À partir de là, les chirurgiens disposent de deux heures pour opérer, contre à peine quelques minutes en temps normal. Après quoi, il faudra le réchauffer et faire repartir son cœur. Tisherman a confié à New Scientist que la manipulation était "légèrement irréelle" lorsqu’ils l’ont réussie pour la première fois.

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Stopper le corps pour le sauver

Du coup, comment ça marche ? Pour fonctionner, les cellules ont un besoin permanent en oxygène. Celui-ci leur est apporté par le sang. Sans oxygène, le cerveau tient approximativement cinq minutes avant d’être irréversiblement lésé.

Mais le fait de baisser drastiquement la température du corps empêche l’activité cellulaire, qui, par conséquent, ne nécessite pas un apport constant en oxygène. Concrètement, ce bonus de temps permet d’effectuer en deux heures ce qui devrait normalement être fait… en cinq minutes.

Des essais réalisés sur des animaux, notamment des cochons, ont prouvé que la biostase pouvait durer jusqu’à trois heures.

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"Maintenant, nous pouvons le faire et, à mesure que nous faisons les tests, nous apprenons beaucoup. Une fois que l’on peut prouver que ça fonctionne, nous pourrons démontrer l’utilité de cette technique et l’étendre à des patients, qui, en temps normal, n’auraient pas survécu", a affirmé Tisherman. Il faut noter que la méthode n’est pas totalement aboutie, puisqu’il a mis en avant le fait que certains patients subissaient des dégâts cellulaires lors du processus de réchauffement.

Par Victoria Beurnez, publié le 22/11/2019

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