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Avec ses fonds de start-up, un homme a dépensé 900 000 dollars en porno en ligne

Publié le

par Pierre Bazin

Il est en prison maintenant mais on ne sait pas s’il a de quoi s’occuper.

Régulièrement, l’actualité "business" est inondée de start-up en tout genre qui récoltent des sommes plus ou moins mirobolantes grâce à des fonds d’investissement. Certaines se développent ainsi très rapidement, d’autres font des faillites éclair. Et enfin il y a Manish Singh, un Américain de 48 ans originaire du Maryland, qui a décidé de trouver une tout autre utilité à ses fonds de démarrage. 

Comme le rapporte le département de la Justice américaine, Singh était accusé de fraude et d’usurpation d’identité. Plaidant coupable, l’homme vient d’être condamné à trois ans et quatre mois de prison ainsi qu’à verser 1,26 million de dollars de dédommagement.

Cette somme qu’il doit désormais rembourser, il l’avait reçue en 2016 d’un couple, décrits par le condamné comme "amis de longue date". Ces derniers avaient décidé de faire confiance à Manish Singh pour démarrer son entreprise de tissus haut de gamme "Sanaa Home and Lifestyle". Le couple d’amis était ainsi devenu l’investisseur principal tandis que Singh devait s’occuper des affaires, apportant son expertise et ses contacts.

Le cercle vicieux de l’arnaque

Pendant deux ans, Manish Singh a falsifié ses notes de frais pour faire croire au couple à un réel retour sur investissement. En réalité, l’argent a été en grande partie consacré à plus de 1 300 transactions sur un site pour adultes "myfreecams" où des cam-girls effectuent leurs prestations pour qui veut bien débourser ses deniers. En tout cas, c’est presque 900 000 dollars (environ 767 000 euros) qui auraient été "investis" en pourboires pour ces interlocutrices de charme. L’homme de 48 ans a également utilisé l’argent des fonds pour payer son loyer et s’acheter un SUV – que la Justice a exigé qu’il rende.

Plaidant coupable, Singh a écrit aux procureurs une lettre dans laquelle il s’excuse pleinement. Il décrit le couple d’investisseurs en question comme de véritables amis et regrette d’avoir agi ainsi. Il explique qu’il n’a jamais voulu leur porter préjudice. Il déclare ainsi être tombé dans une sorte de cercle vicieux de l’arnaque et du mensonge :

"Même si je me suis toujours dit que je pouvais changer les choses à n’importe quel moment, et que je pourrais récupérer l’argent que j’avais mal dépensé et faire prospérer l’entreprise, j’étais angoissé pendant cette période"

Se disant "empli de culpabilité", Singh a affirmé que rembourser le couple était désormais sa priorité.

Le rapport du procès explique de son côté que Singh a mis du temps à accepter la pleine responsabilité de ses actes notamment lorsqu’en guise de pièce à conviction, les enquêteurs ont commencé à dévoiler les SMS privés qu’il entretenait avec sa cam-girl "préférée".

"L’accusé ne semble pas avoir cherché activement à frauder qui que ce soit – l’opportunité de frauder lui est tombée devant les yeux, pour ainsi dire, et il l’a exploitée", ont ainsi conclu les procureurs. "Mais une fois qu’il a pris cette décision, celle d’exploiter la confiance des victimes, il l’a fait avec abandon."

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