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Comment la moisissure de Tchernobyl pourrait protéger les astronautes

Publié le

par Victoria Beurnez

Une histoire impliquant de la moisissure, des boîtes de Petri, des Raspberry Pi et la centrale de Tchernobyl.

Des nouvelles de la course à la planète rouge, épisode 156 786. Alors que la NASA vient de donner des nouvelles de sa mission en véhicule autonome Perseverance, les scientifiques continuent de chercher des solutions pour optimiser le voyage habité vers Mars.

Même s’il n’est pas prévu d’y envoyer des gens avant un certain temps, il s’agit d’un voyage qui se prépare longtemps à l’avance. L’un des problèmes principaux rencontrés par ce projet, ce sont bien sûr les radiations. Lors d’un simple aller vers Mars, le corps humain pourrait recevoir jusqu’à 60 % de la dose maximale recommandée sur une vie entière.

Un petit champignon résistant

Les universités de Stanford (Californie) et de Caroline du Nord se sont penchées sur le sujet et y ont trouvé une potentielle solution, qu’ils relatent dans cet article scientifique. L’actrice principale de ce dispositif serait la moisissure que l’on trouve dans et aux abords de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, dont un des réacteurs a explosé en 1986.

Les scientifiques ont découvert que les champignons qui composent cette moisissure, nommés Cladosporium sphaerospermum, parviennent à se reproduire sans problème, alors que la zone est encore puissamment irradiée, notamment grâce au phénomène non pas de la photosynthèse, mais de la radiosynthèse. Ce qui correspond (grossièrement) à la même chose, à cela près que l’énergie absorbée est celle de "radiations ionisantes". Les rayons gamma sont alors convertis en énergie chimique dans le processus.

Petri et Raspberry Pi sur l’ISS

Pour pousser la théorie, l’équipe de recherche a produit des modèles d’études sur l’ISS. Deux boîtes de Petri, l’une contenant le champignon et l’autre non, ont été connectées à des Raspberry Pi permettant de mesurer le niveau de radiation qui leur était envoyé, mais aussi l’humidité et la température, entre autres. Le test a été effectué pendant trente jours.

Le champignon a permis d’abaisser le niveau de radiation d’au moins 2 % pendant l’expérience, alors que ce test utilisait des spécimens d’un peu moins de 2 millimètres. Avec une couche d’au moins 21 centimètres de ces champignons sur les modules spatiaux, les chercheurs ont affirmé qu’ils seraient en mesure d’annuler la dose de radiation. Sur Mars, seuls 9 centimètres seront nécessaires.

Cela s’avère être une excellente nouvelle pour les futurs voyages interstellaires. D’autre part, la reproduction peu complexe de cette fonge permettrait aux astronautes de la faire pousser, une fois sur Mars, pour pouvoir recouvrir les bases spatiales et se protéger.


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