Image issue des caméras de sécurité du lycée Glenelg © Howard County Circuit Court – Washington Post)

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États-Unis : quatre ados couvrent leur école de tags racistes, le wifi les identifie

Les jeunes, qui avaient peint des croix gammées sur les murs du lycée, ont été arrêtés grâce à leurs téléphones portables.

Le 23 mai 2018, autour de 23 heures, quatre individus débarquent dans la cour du lycée américain de Glenelg (Maryland). En quelques minutes, armés de bombes de peinture noire, ils recouvrent les murs et le sol de svastikas, d’inscriptions "KKK" (pour Ku Klux Klan, le plus ancien groupe de suprémacistes blancs aux États-Unis) et de slogans racistes, antisémites, homophobes et haineux. Poubelles, toilettes, murs, sols… En à peine sept minutes, tout est recouvert d’obscénités. Leur principal, afro-américain, est particulièrement visé.

À moins de 24 heures de la cérémonie de remise des diplômes, l’incident choque toute la petite communauté, habituellement tranquille. Les graffitis, découverts au petit matin par le principal en question, ne peuvent pas être dissimulés avant l’arrivée des élèves. Par textos, les images font le tour de la ville, puis celui des chaînes régionales. La fête est irrémédiablement gâchée. Heureusement, les caméras de surveillance de l’établissement avaient tout enregistré… ou presque : les visages des assaillants sont masqués par des T-shirts. Fin de l’histoire ? Que nenni.

Le 9 juillet, la journaliste du Washington Post Jessica Contrera a raconté le jugement des quatre adolescents, qui ont été identifiés et arrêtés dès le lendemain. Comment ? Grâce au réseau wifi de leur lycée. Lors de leur expédition nocturne, Tyler Curtiss, Matthew Lipp, Joshua Shaffer et Seth Taylor avaient chacun leur téléphone sur eux. Des téléphones qui se sont automatiquement connectés au réseau wifi du lycée, qui oblige chaque étudiant à fournir son identité lors de sa première connexion. En quelques minutes, les forces de l’ordre ont pu révélé les visages derrière le crime.

Le 8 mars 2019, la série de procès des quatre adolescents, désormais âgés de 19 ans, a eu lieu. Tous ont été reconnus coupables de crime de haine, vandalisme et destruction de propriété privée. Ils se sont défendus d’être racistes, en expliquant que leur geste était une "blague de jeunes diplômés" qui aurait "mal tourné" et en invoquant l’ignorance, la bêtise et l’immaturité, quitte à mettre leurs parents devant les juges pour faire acte de contrition. Aucun des quatre ne fera de prison, mais ils ont tous écopé de centaines d’heures de travaux d’intérêt général et de plusieurs années de sursis – à visage découvert, cette fois-ci.

Par Thibault Prévost, publié le 11/07/2019

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