Kiyoshi Hijiki / Getty

D'où vient l'odeur "de neuf" des voitures, et pourquoi risque-t-elle de disparaître ?

Derrière la phrase "ça sent le neuf" se cache un bon vieux composé de produits chimiques.

"Ça sent le neuf", une phrase qui doit être familière pour à peu près tout le monde. Il est vrai que, quand vous entrez dans une voiture un peu récente, c’est universel, ça sent quelque chose de particulier. On aime, on n’aime pas, peu importe, c’est un fait.

Depuis quelques années, on savait que, derrière cette odeur un peu spéciale se cache une tonne de "composés organiques volatiles" (COV), très irritants pour les voies respiratoires.

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Ces composés chimiques réagissent avec les produits utilisés pour couvrir l’habitacle ou encore les sièges d’un nouveau véhicule. Leur propagation est facilitée par la climatisation et la ventilation. Pas terrible, comme madeleine de Proust. Récemment, des études ont montré que les volumes utilisés de ces polluants étaient 10 fois supérieurs aux normes dans certains modèles de voiture.

Des bien mauvaises nouvelles qui viennent de pousser la Chine à mettre en place une nouvelle réglementation sur l’utilisation des niveaux de COV. En effet, le ministère de l’Environnement chinois a indiqué en juin dernier sa volonté de renforcer les contrôles sur les COV et leur régulation.

Et la revue New Scientist de préciser : il a été démontré qu’une partie de la population asiatique réagissait moins bien que les Américains et européens à l’un des produits contenus dans les COV, l’acétaldéhyde. Conséquence : alors que, par ici, l’odeur caractéristique peut paraître agréable, les sondages effectués en Chine ont révélé qu’un dixième des conducteurs du pays se trouvait victime de nausée lorsqu’elle la sentait. 

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Des taux largement supérieurs aux normes

Pour mieux comprendre à quel point on nage dans des mix de produits, le laboratoire britannique Émissions Analytics a testé trois modèles de voitures. Une Peugeot et une Renault (dont les modèles n’ont pas été évoqués), et une Hyundai i10. Pour chacun des trois modèles testés, les concentrations de produits tels que l’acétaldéhyde, le méthanol ou encore l’éthanol étaient largement supérieurs aux limites réglementaires, que l’on retrouve ici, avec des taux pouvant aller jusqu’à 10 fois la norme.

"Le message nous montre que la recherche en est encore à un stade peu avancé et doit continuer, mais il est clair que ces habitacles contiennent un cocktail de produits dangereux, que nous devons mieux comprendre et mieux réguler", a annoncé Nick Molden, qui travaille pour Emissions Analytics.

À l’issue de ces tests, les trois constructeurs se sont fendus d’une brève réponse. Chez Hyundai, on a indiqué que les voitures étaient "complètement testées" en ce qui concerne les COV et la qualité de l’air dans l’habitacle. Un porte-parole de chez Renault a affirmé que l’entreprise "s’était fixée des objectifs pour gérer les émissions de COV pour minimiser leur impact sur la santé et le confort des passagers." Même son de cloches chez Peugeot : "l’air dans l’habitacle était testé pour le COV avant que le véhicule n’arrive sur le marché."

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Si la Chine change drastiquement sa régulation, cela pourrait avoir des répercussions sur le parc automobile du monde entier. Car le marché chinois est ce qu’il est : gigantesque donc influent.

Par Victoria Beurnez, publié le 03/01/2020

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