Donald Trump, le 26 mai 2020. © Win McNamee/Getty Images/AFP

Donald Trump menace de fermer les réseaux sociaux

Hier, Twitter a apposé son label destiné aux fausses informations sur deux messages postés par le président américain.

Donald Trump est en désaccord complet avec son réseau social préféré. Féru de Twitter depuis plusieurs années, plateforme qu'il utilise quotidiennement, le président américain pourrait bien devoir en changer. Au centre du conflit : le scrutin présidentiel.

En effet, en raison de la pandémie mondiale, certains États comme la Californie envisagent d'avoir recours au vote par correspondance pour les élections présidentielles de 2020, un mode de scrutin auquel s'oppose le chef d'État américain pour qui cela risque d'entraîner un système de fraude. Des propos qui se sont vus accoler le label destiné aux potentielles fake news par Twitter.

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Le réseau social a donc signalé deux tweets du président américain. Dans ceux-ci, le chef d'État déclarait : "il n'y a PAS MOYEN (ZÉRO !) que les bulletins de vote postal ne soient autre chose que frauduleux. Les boîtes aux lettres seront volées, les bulletins de vote seront falsifiés et même imprimés illégalement et signés frauduleusement", avait-il lancé. Avant d'ajouter :

"Le gouverneur de Californie envoie des bulletins de vote à des millions de personnes, n'importe qui vivant dans l'État, peu importe qui ils sont ou comment ils y sont arrivés, en obtiendra un. Cela sera suivi par des professionnels qui diront à toutes ces personnes, dont beaucoup n'ont même jamais pensé à voter avant ça, comment et pour qui voter."

Concluant enfin : "Ce sera une élection truquée. Il n'en est pas question !"

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Pour Twitter, "il n'y a aucune preuve" 

Rapidement, Twitter a appliqué un bouton sous ces propos, celui-ci propose "d'obtenir des faits au sujet du vote par correspondance". Si l'on clique dessus, un message sous la bannière "ce que vous avez besoin de savoir" apparaît avec le message suivant :

"Trump a prétendu à tort que le vote par correspondance amènerait une 'élection truquée'. Toutefois, les fact-checkers disent qu'il n'y a aucune preuve que le vote par correspondance soit lié à la fraude électorale.

Trump a prétendu à tort que la Californie allait envoyer des bulletins de vote à 'quiconque vivant dans l'État, peu importe qui ils sont ou comment ils sont arrivés là'. En fait, seul les votants inscrits recevront des bulletins."

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Des articles de presse sur le sujet sont également disponibles. Twitter a justifié sa démarche en expliquant que selon la plateforme, "ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance". "Cette décision a été prise en accord avec l'approche que nous avons présentée plus tôt ce mois-ci", est-il ajouté, évoquant le durcissement de la politique de Twitter à l'égard des "fake news" durant la pandémie.

Fin mars, Twitter avait déjà décidé de supprimer deux messages du compte de Jair Bolsonaro, des vidéos dans lesquelles le président brésilien s'opposait aux mesures de confinement prises pour lutter contre le Covid-19 au motif que cela "enfreignait les règles" du réseau social.

"Twitter étouffe complètement la liberté d'expression"

Donald Trump, a réagi dans la foulée hier, via Twitter comme à son habitude bien sûr, s'indignant :

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"Twitter s'immisce maintenant dans l'élection présidentielle de 2020. Ils disent que ma déclaration sur les bulletins de vote par correspondance, qui entraînera une corruption et une fraude massives, est incorrecte, sur la base d'une vérification des faits par Fake News CNN et l'Amazon Washington Post."

Puis le président américain a ajouté : "Twitter étouffe complètement la LIBERTE D'EXPRESSION, et moi, en tant que président, je ne permettrai pas que cela se produise!" Mais cela ne s'est pas arrêté là, puisqu'aujourd'hui, Donald Trump a posté à nouveau un message plus menaçant cette fois :

"Les Républicains estiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix des conservateurs. Nous les réglementerons fortement ou les fermerons pour qu'une telle chose n'arrive pas."

Par Astrid Van Laer, publié le 27/05/2020