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États-Unis : la plupart des contenus antivax viendraient de seulement 111 comptes Facebook

Publié le

par Pierre Bazin

Crédits : Reuters / Dado Ruvic

Le géant des réseaux sociaux a sorti un rapport assez édifiant.

Il y a plusieurs mois, Facebook a déclaré la guerre aux contenus prônant des positions anti-vaccins. En effet, des centaines de vidéos, images ou encore longs textes envahissent viralement le réseau social, notamment aux États-Unis, où un citoyen sur trois ne souhaite pas être vacciné.

Ces contenus sont jugés comme des "fake news", voire des idées conspirationnistes, et la plateforme s’efforce de saper leur influence sur les réseaux sociaux en supprimant massivement ces posts.

Dans un récent rapport obtenu par le Washington Post, Facebook affirme avoir pu repérer les comptes "antivax" les plus présents sur le réseau. En résulte un chiffre assez édifiant : seulement 111 comptes bien identifiés seraient à l’origine de la moitié des contenus sceptiques ou carrément opposés à la vaccination contre le Covid-19.

Ces comptes en question n’ont pas été nommés à proprement parler. Mais en plus d’être très prolixe en termes de contenus antivax, ce "noyau dur" aurait également des liens très étroits avec le mouvement conspirationniste (et anti-vaccin) QAnon.

Comme le rapporte le Washington Post, Facebook aurait procédé à une répartition de ses utilisateurs américains en de nombreuses catégories selon leur "réceptivité" aux contenus antivax. Sans préciser la méthode exacte, on imagine que des algorithmes se sont chargés de répertorier les profils qui partageaient (en public ?) les posts en question. À l’arrivée, dans les dix catégories jugées les plus "réceptives", 50 % du contenu serait issu à l’origine des 111 comptes identifiés en amont.

L’action de Facebook jugée "insuffisante"

Facebook a été ardemment critiqué par de nombreux experts pour avoir laissé proliférer les messages conspirationnistes sur sa plateforme. En juillet dernier déjà, le Center for Countering Digital Hate avait publié un rapport sur "Comment la Big Tech profitait de la désinformation sur les vaccins", expliquant que Facebook était devenu la plus grande menace à la vaccination et à l’immunité collective, suivi de près par son petit frère Instagram.

Un mois plus tard, c’est le groupe d’activistes Avaaz qui publiait un rapport sensiblement similaire révélant que la désinformation sur la santé (au global) avait été visionnée plus de 3,8 milliards de fois sur Facebook.

Pour le moment, Facebook n’a pas annoncé ce qu’il comptait expressément faire avec ses récentes données sur ces 111 comptes. On sait que la plateforme ne s’occupe de supprimer des comptes que s’ils sont directement "producteurs" de contenus jugés conspirationnistes, pas ceux qui les partagent.

Un porte-parole de la firme a tout de même expliqué au Post que ces données "pourraient" être utilisées pour modifier leur récente politique de lutte contre la désinformation vis-à-vis des vaccins.


Trouvez-vous l’action de Facebook vis-à-vis de la désinformation sur les vaccins (il)légitime, nécessaire ou encore suffisamment efficace ? Écrivez-nous à hello konbinitechno@konbini.com

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