Denis Charlet/AFP

Franky Zapata, "l'homme volant", réussit sa traversée de la Manche

Toute de noir vêtue, une silhouette fend l'horizon. Un oiseau ? Presque. Un avion ? Peut-être.

Franky Zapata, 40 ans, a réussi l’exploit de traverser la Manche sur sa plateforme volante en une vingtaine de minutes dimanche 4 août.

Le pilote s’était fait connaître du grand public par une représentation lors du défilé du 14 juillet dernier sur les Champs-Élysées où il avait pu montrer les capacités de sa "bête". Il avait ensuite fait parler de lui quand il avait annoncé ce pari fou de traverser la Manche. Sa première tentative de traversée de la Manche s’était soldée par un échec, mais il restait alors optimiste :

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"Si vous lâchez au premier effort, vous n’arriverez à rien. Il n’y a pas de problème à échouer, mais il faut échouer en ayant la conscience tranquille, en s’étant donné à 200 %."

Les réseaux sociaux avaient abondamment commenté cet échec.

Ravitaillement réussi !

À 8h16, le pilote s’est élancé dans un vacarme assourdissant pour sa deuxième tentative depuis la plage de Sangatte dans le Nord Pas-de-Calais. Point d’arrivée ? St Margaret’s Bay, sur la côte anglaise. Objectif rempli, après 22 minutes de vol à 15/20 m au-dessus des flots. 

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Son appareil fonctionnant avec du kérosène stocké dans un sac à dos, "l’homme volant" a dû, au milieu de la traversée, se poser sur un bateau de ravitaillement. L’atterrissage sur le bateau "a été compliqué, ça bougeait encore pas mal, j’ai raté la première approche et je me suis posé à la deuxième" a-t-il raconté à la presse. "Mais je savais que j’avais fait le plus dur."

C’était à ce même stade de la traversée qu’il avait chuté il y a dix jours, en heurtant la plateforme du vaisseau de ravitaillement. Afin que l’histoire ne se répète pas, Zapata avait opté cette fois pour un bateau "plus grand". 

Après son ravitaillement lors de la seconde traversée, il s’est ensuite envolé avec pour point de mire les derniers kilomètres avant la côte britannique, poussant les cinq mini-turboréacteurs dans leurs derniers retranchements.

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"Je voyais l’Angleterre qui se rapprochait et j’ai essayé de prendre du plaisir pour ne pas penser à la douleur. Ça brûlait dans les jambes !"

Après avoir avalé les 35 kilomètres restants, à 170 km/h de moyenne, Franky Zapata a levé le poing en signe de victoire. "C’est gagné", s’est-il écrié.

Félicitations du gouvernement

L’entreprise de Zapata, Z-AIR touche depuis décembre 2018 une subvention de 1,3 million d’euros du ministère des Armées pour la création d’une turbine en impression 3D. Son appareil volant intéresserait beaucoup les forces spéciales françaises, qui y voient du "potentiel pour un emploi dans les opérations spéciales en zone urbaine".

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Il n’est donc pas étonnant que la cheffe de ce ministère, Florence Parly, se soit fendue d’un tweet pour féliciter l’aventurier des airs :

Emmanuel Macron a aussi tenu à faire des louanges du pilote : 

Quels projets pour le futur ?

Après tant d’efforts, une retraite bien méritée ? Ce serait mal connaître Zapata, qui a déjà tout un tas de nouveaux projets en tête. 

Premier projet annoncé : terminer la fabrication d’une voiture volante. "Il faut que ça sorte avant la fin de l’année", donc "on va prendre un peu de vacances" puis, "avec toute l’équipe, s’y remettre à fond pour que ce soit prêt à temps".

Mais sa plateforme volante ne sera pas délaissée pour autant, le pilote veut être le premier "à surfer la poudreuse dans les nuages". Pour ce faire, son entreprise va travailler d’arrache-pied pour améliorer l’appareil. 

"Je veux voler à 2 000 mètres et voler au-dessus des nuages. C’est la prochaine étape !"

 

Par Bertrand Steiner, publié le 05/08/2019

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