Crédit : Frank Rumpenhorst/ Picture alliance via Getty Images

Grâce à ce générateur, une seule goutte de pluie permet d'allumer 100 LED

Des chercheurs espèrent pouvoir faire de la pluie la nouvelle source d'énergie renouvelable.

La course aux énergies renouvelables continue, et on peut dire que la dernière innovation en date est tombée du ciel : il s’agit de la pluie. Des chercheurs de l’université du Nebraska (à Lincoln) ont développé une structure semblable à un transistor dit "à effet de champ", qui produit de l’énergie à partir de simples gouttes d’eau.

Le rapport de l’étude a été publié dans la revue Nature. Les chercheurs y décrivent "un système composé d’oxyde d’indium-étain et d’une électrode en aluminium, recouvert de polytétrafluoroéthylène qui, lorsqu’on fait tomber des gouttes d’eau dessus, génère une certaine quantité d’énergie."

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Ainsi, l’énergie accumulée et stockée dans cet appareil, en faisant tomber dessus une seule et unique goutte d’eau, permet d’allumer brièvement 100 petites ampoules LED. Encore mieux : avec l’énergie générée par quatre gouttes d’eau, on peut en allumer 1 500.

Le niveau maximum d’énergie ou "pic énergétique" est atteint lorsque les gouttes roulent après être tombées sur le générateur. En effet, en touchant l’électrode en aluminium, les gouttent créent un "circuit fermé", qui connecte les différents éléments du système entre eux.

Et pourquoi la pluie, alors ? Parce que quand elle tombe, elle dispose d’une force qui va pouvoir être réutilisée pour créer de l’énergie, comme on a déjà pu le voir avec l’eau des rivières ou de la mer – dans des proportions toutes autres.

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Ici, les chercheurs utilisent le principe de l’energy harvesting, "récolte d’énergie" en français. Cela consiste à récupérer de l’énergie issue de sources externes (solaire, éolienne, thermique, vibratoire, cinétique ou encore chimique) en quantités infinitésimales, pour pouvoir faire fonctionner des appareils portables de manière autonome. Pour donner un exemple simple et à la portée de tout le monde, on peut penser aux lampes dynamo que l’on place sur un vélo et qui fonctionnent lorsque l’on pédale.

Un prototype fonctionnel d’ici à cinq ans

Beaucoup de difficultés subsistent cependant pour faire de cette méthode un outil fonctionnel. De petits pics d’énergie sont faciles à générer, mais quand il s’agit d’assurer une arrivée énergétique constante, c’est une autre histoire.

S’il reste de nombreux problèmes à régler pour pouvoir mettre au point cette technique, les chercheurs espèrent réussir à créer un prototype fiable d’ici au moins cinq ans.

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Si cela venait à se réaliser, on imagine que toutes les structures et objets régulièrement en contact avec la pluie – que ce soit un parapluie ou encore un toit – seraient équipés de cette nouvelle technique. Par ailleurs, cette dernière pourrait même s’étendre à n’importe quelle surface où tombe de l’eau.

Par Victoria Beurnez, publié le 10/02/2020

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