police nationale

Le hashtag fête ses douze ans : retour sur une #révolution

#OccupyWallStreet, #MeToo... Rappel de quelques hashtags qui ont mobilisé les foules.

Si la bâtisse qu’est le monde numérique se transforme continuellement, elle conserve quelques pierres angulaires. Le hashtag ou "mot-dièse" (traduction officielle de l’Académie Française) en fait partie.

Lorsque Chris Messina, ingénieur américain de son état, propose le 23 août 2007 "d’utiliser le # pour les groupes", il était sûrement loin de s’imaginer la proportion qu’allait prendre son "invention".

Publicité

Publicité

Douze ans plus tard, ce "croisillon" (le nom du symbole en informatique) devenu tout à la fois lanceur de modes et outil de communication, est devenu incontournable. Représentatif de Twitter, il s’est même affranchi de son premier support pour investir les autres réseaux sociaux, Instagram en tête.

Entré dans le Larousse et le Robert, le hashtag a désormais un poids culturel. Avec 125 millions d’occurrences publiées chaque jour, guère étonnant qu’il ait pu, à diverses reprises, devenir vecteur d’idées et d’idéaux. Retour sur les 5 croisillons dont l’Histoire se souviendra.

#Jan25 : le hashtag de la révolte

Les réseaux sociaux ont joué un rôle déterminant dans la vague de soulèvement qu’ont connu les pays arabes à partir de 2010.  Le 15 janvier 2011, une jeune Égyptienne ("Alyouka" comme pseudonyme) lance ce tweet cinglant :

Publicité

"Plus de 16 000 personnes vont manifester [au Caire, NDLR] le #jan25, rejoignez-nous !"

Ce hashtag marque le début d’un mouvement appelé le "Printemps Arabe" qui mènera deux semaines plus tard à la démission du président égyptien, Hosni Moubarak, mais également à de grands changements politiques dans le monde arabe (en Tunisie notamment).

#OccupyWallStreet : le hashtag de l’anticapitalisme

Juillet 2013, Adbusters, un groupe d’activistes anti-consuméristes, appelle à "occuper Wall Street" pendant quelques mois à grand renfort de tentes, barbecues et barricades. #OccupyWallStreet est né et le hashtag se voit agrémenté d’une affiche parlante. Plusieurs semaines plus tard, de nombreux New-Yorkais répondent à l’appel et font des sit-in devant Wall Street. Depuis, "occupy" ressort régulièrement dans divers événements ou contestations, face à une économie toujours plus globalisée et surtout soumise à la finance.

Publicité

#BringBackOurGirls : le hashtag de l’espoir

Avril 2014, Boko Haram enlève 276 adolescentes. Leur destin ? Probablement esclaves ou mariées de force. Un avocat nigérian, indigné, crée le hashtag #BringBackOurGirls. Il devient très vite viral et est partagé des millions de fois. Michelle Obama, Christiane Taubira, la Prix Nobel de la paix Malala, toutes prennent un cliché avec le hashtag en question.

Résultat ? Certaines lycéennes sont rentrées chez elles mais la grande majorité reste malheureusement encore disparue…

#IceBucketChallenge : une bonne cause malheureusement détournée…

Si on se souvient de tous ces gens, célèbres ou non, qui se renversaient un énorme seau d’eau glacée sur la tronche, beaucoup ont oublié l’origine du défi, qui se voulait une prise de conscience. En effet, à la base, il s’agissait de parler de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) aussi tristement connue sous le nom de "maladie de Charcot". Sur ce coup-là, il semble que la folie des réseaux sociaux et de la stupidité virale l’aient emporté…

#MeToo ou #BalanceTonPorc : le hashtag de la parole libérée

Le 15 octobre 2017, Alyssa Milano, ex-actrice de Charmed, relance le mouvement MeToo, créé par Tarana Burke il y a onze ans. Boom planétaire. Son post est partagé plus de 12 millions de fois. S’ensuit alors une chasse aux agresseurs avançant au fil des témoignages : les personnalités les plus connues éclaboussées par le scandale ? Kevin Spacey et Harvey Weinstein.

En France, ce mouvement #MeToo s’est exporté sous le hashtag #BalanceTonPorc avec des effets similaires.

Par Bertrand Steiner, publié le 23/08/2019

Copié

Pour vous :