Houseparty hackée ? L'appli offre un million de dollars à qui prouvera le contraire

L'application affirme être victime d'une "campagne de diffamation commerciale" sur les réseaux sociaux.

Houseparty fait sans aucun doute partie des applis stars du confinement – elle est même probablement à la première place. Son principe, qui tient dans son nom : organiser des soirées en ligne et en visioconférence depuis chez soi.

Rachetée par Epic Games, propriétaire de Fortnite, Houseparty a été téléchargée deux millions de fois en l’espace d’une semaine, à la mi-mars, contre à peine plus de 100 000 quelques semaines plus tôt, selon le Financial Times. Ce succès soudain et fulgurant n’a pas manqué d’éveiller les soupçons et d’encourager certains à faire un petit tour sur les conditions générales d’utilisation (barbant, mais toujours utile) de l’appli.

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Avec un résultat peu glorieux : en installant Houseparty, on lui donne accès à tout un tas d’informations personnelles (adresse IP, opérateur, genre de l’utilisateur, carnet d’adresses), mais surtout, on lui permet d’utiliser notre contenu. Houseparty se réserve en effet le droit d’exploiter les images filmées sur son application.

Bref, ce n’était déjà pas la panacée en termes de respect des données des utilisateurs, quand l’affaire a pris une tournure encore un peu plus épicée.

De nombreux utilisateurs se sont tournés vers les réseaux sociaux, à la fin de la semaine dernière, pour presser les autres à supprimer l’application, expliquant que des hackers avaient accédé à leurs comptes Spotify, Uber, Netflix par le biais de Houseparty et s’étaient emparés de leurs accès bancaires ou de leur compte PayPal.

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Une communication désastreuse contre laquelle l’appli a décidé de faire front, ce mardi 31 mars. Sur Twitter, l’entreprise affirme qu’il s’agit de "rumeurs de piratages" propagées par "une campagne de diffamation commerciale payante cherchant à nuire à Houseparty".

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S’ils n’indiquent pas par qui ou pourquoi une telle campagne pourrait être menée, ils promettent une récompense assez mirifique à quiconque serait capable d’en apporter la preuve. "Nous offrons une prime de 1 000 000 $ au premier individu qui fournira la preuve d’une telle campagne à bounty@houseparty.com", continue l’entreprise. L’application a réaffirmé par la suite être sécurisée et ne pas "collecter de mots de passe d’autres sites".

Faut-il supprimer son compte ? Si une telle brèche se révèle exacte, c’est probablement déjà trop tard. Mais en ce qui concerne les pratiques de collecte d’informations de Houseparty, en particulier concernant la propriété des conversations faites sur la plateforme, mieux vaut en effet l’éviter.

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Nous avons sollicité Houseparty sur ces questions et sommes dans l’attente d’une réponse. Cet article sera mis à jour en conséquence.

Par Benjamin Bruel, publié le 31/03/2020