En pleine polémique sur le cobalt, IBM dévoile une batterie issue de matériaux durables

L'entreprise a annoncé son projet quelques jours après les plaintes visant plusieurs géants de la tech.

Quelques jours à peine après la plainte déposée contre Apple, Tesla ou encore Google pour les conditions de travail des enfants dans les mines de cobalt, IBM a décidé de montrer patte blanche. L’entreprise américaine a affirmé vouloir produire une batterie issue de matériaux alternatifs, dont la fabrication ne nécessite pas de cobalt.

Le bleu de la discorde

Le cobalt, quèsaco ? Ce métal de couleur bleue, assez semblable au fer et au nickel, est utilisé, entre autres, dans la fabrication de batteries électroniques, notamment celles des smartphones et des voitures électriques. Sa forte résistance à la corrosion en fait un matériau très prisé dans le secteur industriel.

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C'est un métal rare aux conditions d'extraction problématiques. En République démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de cobalt, le travail des enfants et des adultes (!) dans les mines fait l’objet d’importantes polémiques.

L’association International Right Advocates (IRA) explique dans un communiqué que "l’explosion du secteur des technologies a conduit à une explosion de la demande en cobalt".

Or, poursuit-elle, le minerai est "exploité en RDC selon des conditions dignes de l’Âge de pierre, extrêmement dangereuses, par des enfants qui sont payés un ou deux dollars par jour pour fournir le cobalt servant aux onéreux gadgets fabriqués par certaines des plus riches entreprises au monde". Entreprises qui, selon l’IRA, n’en ignorent rien.

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Une BD que nous avions commentée nous plongeait même dans cet enfer.

Pour ces raisons, l’association a porté plainte le 15 décembre dernier contre Apple, Tesla, Google, Microsoft ou encore Dell, qui utilisent en masse le cobalt pour produire les "onéreux gadgets" précédemment mentionnés.

Une batterie sans cobalt, c’est possible ?

C’est dans ce contexte extrêmement problématique que le fabricant américain IBM a annoncé vouloir produire une batterie qui se détournerait du précieux et contesté composant.

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L’idée, nous apprend Reuters, implique l'utilisation de matériaux "issus de l’eau de mer". Jeffrey Wesler, vice-président du département de la recherche à IBM, se mouille même sur le calendrier : "le but serait d’avoir, dans le courant de l’année, le premier prototype fonctionnel".

Pour mener à bien son projet, la firme IBM s’est associée au groupe Daimler AG (Mercedes-Benz), au constructeur de batteries Sidus et au fournisseur de batteries à électrolyte Central Glass. L’entreprise a annoncé que son prototype avait prouvé sa supériorité face aux batteries lithium, en termes de coût, de temps de chargement et d’efficacité énergétique.

Par Victoria Beurnez, publié le 20/12/2019

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