Il crée un compte Twitter pour poster la même chose que Trump : vous devinez la suite ?

Le compte a été suspendu en moins de trois jours.

C’est ce qu’on appelle une expérience réseau-sociologique de haute volée. Le compte Twitter @SuspendThePres a commencé à tweeter, le 29 mai, exactement les mêmes choses que le président américain, Donald Trump. Son idée : voir combien de temps la plateforme allait prendre pour suspendre le compte.

"Ce compte va tweeter les tweets du président. Voyons voir s’il se fait suspendre pour violation de Twitter", note-t-il en référence aux conditions de service du réseau social.

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Résultat : il aura fallu 68 heures exactement à Twitter pour bannir @SuspendThePres pendant une période de 12 heures. La raison : glorification de la violence.

Le tweet en question, qui fut donc originalement posté par Donald Trump, est celui concernant les "THUGS" ("voyous") qui "déshonorent la mémoire de George Floyd", où Donald Trump écrivait également : "Quand les pillages commencent, les coups de feu commencent." Un commentaire qui a fait polémique outre-Atlantique.

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Voici la capture d’écran de @SuspendThePres, prise par @BizzareLazar, et le tweet original du président des États-Unis.


Les raisons de cette expérience pour le moins révélatrice ne sont pas étrangères à l’actualité. À deux reprises, à la fin du mois de mai, le réseau social a décidé de modérer deux publications du chef de l’État américain en accompagnant la première d’un message de prévention et en masquant carrément la seconde.

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Le premier tweet est d’ailleurs celui ayant causé la suspension de @SuspendThePres. En vous rendant sur le réseau, vous verrez qu’il est désormais accompagné d’un message expliquant que le tweet "glorifie la violence", mais qu’il peut être "dans l’intérêt du public que le tweet reste accessible". Ironie du sort.

Dans la foulée, Donald Trump a décidé de publier un décret visant à réguler les réseaux sociaux. Une bataille judiciaire s’engage entre Trump et Twitter. En deux mots, Donald Trump veut révoquer la section 230 du "Communications Decency Act", un texte qui offre aux réseaux sociaux, ou même à Google et YouTube, une forme d’immunité judiciaire sur les contenus publiés par les internautes.


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Au-delà de l’expérience amusante de @SuspendThePres, l’affaire dépasse largement le cadre des réseaux sociaux et concerne, tout simplement, la liberté d’expression en ligne.

Par Benjamin Bruel, publié le 03/06/2020