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L'industrie du sextoy s'érige contre Facebook

Quand la censure sexiste s'attaque même au sexe.

Dame est une entreprise créée par des femmes et qui produit de sextoys. Le mois dernier, celle-ci a annoncé qu’elle poursuivait en justice l’Autorité du Transport Métropolitain (MTA) pour avoir censuré sa campagne de publicité dans le métro de New York.

Les voyageurs auront donc l’occasion durant leur trajet d’admirer quelques pubs promouvant des produits pour le dysfonctionnement érectil, mais aucune publicité ne viendra mettre en valeur des produits destinés au bien-être sexuel des femmes.

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Il apparaît flagrant qu’il y a deux poids deux mesures quand il est question de sexualité masculine et féminine – une distinction qui se retrouve largement au-delà des quais du métro. Facebook et Instagram rendent la vie bien plus difficile à des entreprises comme Dame qui veulent promouvoir leurs produits sur les plateformes.

En réponse à cette situation, Dame et Unbound, un autre fabricant de sextoys, se sont unis. Ensemble, ils ont organisé une manifestation aujourd’hui en face des locaux de Facebook.

Publicité refusée par Facebook et la MTA.

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Un site comme arme de communication

Les acteurs de la scène tech du sexe ont aussi lancé un site : Approved, Not Approved, qui a pour vocation de démontrer cette discrimination qu’ils condamnent. Une fois sur le site, un jeu vous est proposé où vous tentez de deviner si la publicité mise face à vous a été censurée ou non. Très vite on comprend le pattern : toute publicité évoquant une sexualité féminine est censurée.

Mais attention, dès que cela reste dans un cadre sexuel "traditionnel", alors les sous-entendus les plus insistants deviennent complètement acceptables.

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"J’ai été tellement méprisée par la MTA, ils ne pouvaient même pas nous expliquer comment la distinction avait été faite", confiait Alex Fine, cofondateur de Dame, à TNW. "Le plus choquant dans tout ça c’est quand je montre des publicités pour la marque Hims, qui ont, elles, été approuvées. Par rapport à nos pubs, ils ne voient pas la différence. Puisque la MTA ne compte pas travailler avec des business orientés vers le sexe, pourquoi des entreprises comme Hims qui visent la libido masculine seraient acceptées ? Leur argument est que ces produits et services sont catégorisés comme du domaine de la santé."

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Publicité acceptée dans le métro par la MTA.

Par Bertrand Steiner, publié le 31/07/2019

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