La France met un stop à Libra, le projet de monnaie virtuelle de Facebook

La création de cette monnaie virtuelle a été annoncée mi-juin et fait déjà couler beaucoup d'encre.

La France vient de mettre des bâtons dans les roues du projet de cryptomonnaie de Facebook, Libra, en annonçant qu’elle n’autoriserait pas le développement de cette monnaie "sur le sol européen".

Lors d’une conférence de l’OCDE consacrée justement aux défis des cryptomonnaies, le ministre français des Finances Bruno Le Maire s’est fait l’avocat de cette décision : ouvrant les débats, il s’est livré à un réquisitoire très sévère contre la cryptomonnaie que Facebook prévoit de lancer en 2020. 

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Considérant que "la souveraineté monétaire des États était en jeu", il n’a pas hésité à qualifier de "systémiques" les risques que pourrait entraîner cette "privatisation éventuelle d’une […] détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs sur la planète".

Le ministre n’a pas manqué de souligner qu’en cas de défaillance des marchés, cette monnaie nouvelle créerait des remous sans commune mesure. Il redoute également que la Libra se substitue à la monnaie nationale dans les États où la devise est faible ou connaît une forte dévaluation.

La réponse de Libra ne s’est pas fait attendre. Elle est venue de la part de Dante Disparte, responsable de communication de l’association Libra : "Les commentaires du ministre français de l’Économie soulignent encore plus l’importance de notre travail en cours avec les autorités de régulation et les gouvernements de par le monde."

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États "forts" et technologies "puissantes" 

Sur le même ton, le ministre a refusé que les cryptomonnaies puissent se développer sans aucune régulation. Au contraire, il considère "que l’on peut avoir des États forts et des technologies nouvelles puissantes".

Bruno Le Maire a tout de même pris le soin de faire la différence entre la Libra et les cryptomonnaies en général, se disant "passionné" par le sujet et rappelant que la France réfléchissait à la création d’une monnaie numérique publique émise par les banques centrales.

"Je crois à la blockchain.Il s’agit d’une technologie d’avenir, une technologie majeure du XXIe siècle qu’il faut prendre au sérieux, organiser et faire en sorte que les États membres de l’OCDE soient en tête de la maîtrise de cette technologie."

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Il a d’ailleurs demandé à l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), qui travaille actuellement sur la taxation des géants du numérique, de s’emparer également de la question de la fiscalité des cryptomonnaies.

 "Il est nécessaire que les modèles fiscaux soient les mêmes, de façon à ce que nous ayons des stratégies d’arbitrage réglementaires qui soient les mêmes à travers la planète."

Avec la création annoncée mi-juin d’une monnaie numérique offrant un mode de paiement alternatif aux circuits bancaires traditionnels, Facebook veut bouleverser le système financier mondial. Inspirée de cryptoactifs comme le bitcoin, elle doit être gérée par un consortium à but non-lucratif. 

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Article écrit en collaboration avec l’AFP

Par Bertrand Steiner, publié le 13/09/2019

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