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La science le (re)prouve : jouer à GTA ne vous rendra pas plus violent

Publié le

par Pierre Bazin

Vous pourriez même vous lasser de la violence.

Le lien entre jeux vidéo et violence est un leitmotiv des médias en panne d’inspiration, des psychologues en manque de reconnaissance ou des politiques à la recherche de bouc émissaire. Un fantasme qui perdure malgré des dizaines d’études prouvant le contraire déjà menées sur le sujet.

Une récente étude de cyberpsychologie vient d’apporter une contribution encore plus radicale à ce débat qui semble sans fin. Intitulée "Growing Up with Grand Theft Auto: A 10-Year Study of Longitudinal Growth of Violent Video Game Play in Adolescents", elle abrite derrière son nom à rallonge une démarche inédite.

L’étude a été menée sur 500 adolescents, filles comme garçons, de toute origine sociale. Recrutés depuis 2007, les plus jeunes étant âgés de 10 ans, les membres du groupe ont aujourd’hui en moyenne 23 ans. L’approche est donc nouvelle, puisqu’il s’agit de la première étude du genre menée sur le long terme et "centrée sur les personnes".

Pendant plus de dix ans donc, les chercheurs ont observé et réparti l’échantillon d’adolescents dans trois catégories selon les jeux auxquels ils ont joué à un très jeune âge : ceux qui ont joué à plusieurs jeux très violents (4 %), à des jeux modérément violents (23 %) et à des jeux peu violents (73 %).

Le jeu "très violent" phare était évidemment Grand Theft Auto (IV ou V selon l’époque). La franchise, aussi populaire que sulfureuse, a été la cible des critiques et tenue pour responsable de tous les maux de la jeunesse au XXIe siècle.

Et voici la conclusion pour le moins contre-intuitive : les enfants qui jouaient à des jeux très violents ont réduit la consommation de ces derniers dans les dix années qui ont suivi. L’étude évoque même une certaine lassitude de la part de ces profils "initialement violents" lorsqu’ils se remettent à jouer à ce titre.

L’étude confirme aussi que les profils masculins sont attirés très tôt par ce genre de jeu, mais sans plus. Elle conclut surtout n’avoir décelé "aucune différence [significative] de comportement prosocial à la fin de l’étude entre ces trois groupes".


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