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La vie sexuelle mouvementée de nos ancêtres

Publié le

par Victoria Beurnez

Il y a bien longtemps, dans une orgie lointaine, très lointaine.

Prends ça, Tinder : il y a des centaines de milliers d’années, la sexualité de nos ancêtres n’avait rien à envier à la nôtre.

À l’époque, au moins quatre espèces d’hominidés fricotaient les unes avec les autres sans distinction. De nouveaux algorithmes d’analyse génétique ont permis de le confirmer, comme l’explique cet article du média américain Inverse.

Ces analyses, portées sur les génomes de deux Hommes de Néandertal, un Homme de Denisova, et de quatre génomes d’humains modernes ont permis d’identifier des flux de gènes entre les différentes espèces. Une sorte de "carte des relations interespèces", en somme. 

Mais comment est-ce possible ?

On s’entendait bien, à l’époque

Initialement, on savait que l’Homme de Néandertal et l’Homme de Denisova partageaient un ancêtre commun, qui aurait vécu il y a environ 450 000 ans.

Mais ces nouvelles analyses ont confirmé de nouveaux liens entre les différentes espèces, comme l’explique l’article scientifique paru dans PLOS Genetics. Par exemple, 3 % du génome de l’Homme de Néandertal sont le fruit de petites sauteries interespèces, ayant eu lieu il y a entre 200 000 et 300 000 ans, ce qui, selon un précédent article d’Inverse, est bien plus tôt que ce que l’on pensait jusqu’ici. Ces mix sont survenus principalement en Europe, mais également un peu plus tard en Asie.

Entre 1 et 3 % du génome humain viendrait ainsi de l’Homme de Néandertal. De même, d’autres études montrent que nous partageons 5 % de notre ADN avec l’Homme de Denisova.

Mais ces analyses ont également mis en évidence un nouvel individu inattendu dans l’histoire, qui n’est ni humain, ni de Néandertal, ni de Denisova. C’est dans 1 % des gènes de ce dernier que les chercheurs ont trouvé sa trace.

Il est décrit comme un "ancêtre humain archaïque" par Adam Siepel, spécialiste en bio-informatique et coauteur de l’article publié dans PLOS. Lui et ses confrères exposent une théorie à son sujet : il pourrait tout simplement s’agir de l’Homo Erectus.

Cet ancêtre humanoïde est le premier de nos ancêtres humains à avoir quitté l’Afrique pour migrer vers la Chine et l’Indonésie. Un fossile découvert à Java a permis d’estimer qu’ils auraient vécu il y a au moins jusqu’à 117 000 ans. 

Mais pour l’instant, faute d’un séquençage complet de son génome, impossible d’affirmer qu’il s’agit bien de notre ancêtre commun.

Toujours est-il que, Homo Erectus ou non, nous ne sommes finalement que le bien humble résultat de parties de jambes en l’air sacrément variées.

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