Un conseil des ministres anglais sur Zoom, le 31 mars dernier (c) AFP PHOTO / 10 DOWNING STREET / PIPPA FOWLES

L'appli Zoom promet de lutter contre le "ZoomBombing"

Flippant : certains trolls se sont introduits au beau milieu d'appels vidéo pour y diffuser des choses horribles.

L’application de visioconférence Zoom, dont la popularité a explosé avec l’accroissement du télétravail, a annoncé des mesures pour renforcer sa sécurité en réaction aux interrogations de la justice américaine, inquiète de la hausse des tentatives de piratage.

Ces tentatives originales ont déjà leur petit nom : le "ZoomBombing". Et c’est plutôt glauque : un troll (ou un pirate, selon le mode opératoire) s’introduit en plein visio et peut diffuser ce qu’il veut. Mode opératoire de ces opérations commando nauséabondes ? Le lien de la conférence n’est pas mis en privé et le partage d’écran reste activé.

Publicité

De nombreux témoignages ont afflué sur Internet, corroborés par le bureau du FBI à Boston, qui a indiqué lundi dans un communiqué "avoir reçu plusieurs signalements de téléconférences perturbées par des images pornographiques ou haineuses et du langage menaçant".

Ces piratages ont eu lieu alors que Zoom est très utilisé non seulement par les particuliers et les entreprises, mais aussi dans de nombreuses écoles, désormais fermées et passées aux cours en ligne. Dans une lettre ouverte publiée mercredi soir, le patron fondateur de Zoom, Eric S. Yuan, a assuré que l’entreprise solliciterait "toutes [ses] ressources techniques pour [se] concentrer sur [ses] principaux problèmes de confiance, de sécurité et de confidentialité".

M. Yuan a ainsi indiqué que Zoom travaillerait avec des experts tiers et des utilisateurs "pour comprendre et garantir la sécurité de tous nos nouveaux cas d’utilisation par les consommateurs". 

Publicité

Ces annonces interviennent après l’envoi, lundi, d’une lettre par la procureure de l’État de New York, Letitia James, qui demandait ce que Zoom comptait faire pour garantir la vie privée et la sécurité de ses utilisateurs. Selon M. Yuan, la plateforme a atteint en mars plus de 200 millions de participants aux réunions quotidiennes, gratuites et payantes. L’application en comptait 10 millions en décembre dernier.

Zoom a par ailleurs fait l’objet d’autres critiques, liées à la sécurité ou à la confidentialité : la version iOS partageait certaines informations avec Facebook sans que les utilisateurs n’en aient été informés (après les révélations de la presse, l’entreprise a rétropédalé) ; des adresses e-mail personnelles ont fuité ; les conversations vidéo ne sont pas totalement chiffrées "de bout en bout" ; enfin, des failles réalisées par la NSA permettraient de prendre le contrôle des ordinateurs.

"Nous nous sentons également investis d’une immense responsabilité. L’utilisation de Zoom a explosé du jour au lendemain – dépassant de loin ce que nous attendions lorsque nous avons annoncé notre désir d’accompagner les gens pour la première fois à la fin février", a-t-il ajouté. Victime de son succès, l’appli devra réagir, et vite.

Publicité

Konbini Techno, avec AFP.

Par Konbini Techno, publié le 02/04/2020