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Les avions pourraient bientôt se passer de pilotes

Publié le

par Battiste Delfino

(c) AIRBUS

Certains véhicules de ligne fonctionneront sans pilotes grâce à l'assistance de l'intelligence artificielle.

Oui, il y a toujours un pilote dans l’avion – mais peut-être plus pour très longtemps.

Le 29 juin dernier, la société Airbus est arrivée au terme de son projet "Autonomous Taxi, Take-Off and Landing", ou "ATTOL", traduisible en français par "roulage, décollage et atterrissage autonomes". Un projet qui explorait les pistes pour affranchir les pilotes de leur cockpit, et leur permettre de davantage se concentrer sur les prises des décisions stratégiques et la gestion des missions de vol. En somme, tout ce qui n’est pas du ressort du "pilotage" tel qu’on l’entend instinctivement.

Airbus avait donné deux ans à sa filière de recherche UpNext pour explorer la vision assistée par ordinateur, et accomplir l’exploit de faire décoller et atterrir des avions de ligne à distance, uniquement grâce à l’aide de repères visuels.

Les tests se sont finalement avérés concluants. Une annonce encourageante pour le domaine de l’aviation, alors que deux Boeing 737 MAX 8 s’étaient tragiquement crashés l’an dernier à cause du Maneuver Characteristics Augmentation System (MCAS), un autre système automatique destiné à éviter le décrochage des appareils en vol.

Le constructeur a choisi d’effectuer ses premiers tests sur des modèles A350-1000 XWB, déjà équipés depuis longtemps de caméras servant à guider les pilotes dans leurs manœuvres au sol. Ces caméras, couplées des algorithmes de reconnaissance d’images, feront que, bientôt, les avions n’auront plus nécessairement besoin de pilotes au décollage et à l’atterrissage.

Au total, en deux ans, plus de 500 vols d’essai ont été effectués à bord de ces modèles, dont 450 uniquement destinés à la collecte de données vidéo pour entraîner les algorithmes. Le premier vol d’essai complètement assisté par ordinateur a eu lieu en décembre dernier à l’aéroport de Toulouse-Blagnac ; une opération répétée à six reprises avec succès.

Cap sur le "tout automatisé" ?

Rappelons que cela fait des années que le pilotage automatique est utilisé en aéronautique. Il est embarqué dans les bateaux, les véhicules spatiaux, ou encore… les missiles…

Aujourd’hui, les derniers instants du vol qui nécessitent encore l’attention complète du pilote sont le décollage et l’atterrissage. Tout le reste du trajet est millimétré par ordinateur, nécessitant peu d’interventions humaines, sauf en cas de problèmes inhabituels.

Mais l’évolution des techniques de pilotage vers des techniques automatisées signifie aussi et surtout "moins de pilotes", ou en tout cas "moins de responsabilités", pour eux qui, pourtant, sont les étendards – et en quelque sorte les garants du symbole – de l’institution aéronautique.

Un reportage sur le travail des pilotes de ligne a d’ailleurs été publié sur la chaîne YouTube du groupe AirFrance l’an dernier, vantant la noblesse de ce métier en pleine mutation et peut-être même menacé d’extinction…

Pourrons-nous vraiment, un jour, faire complètement l’impasse sur les pilotes d’avions ? Au vu des progrès rapides des technologies d’IA, et de l’automatisation des processus en tous genres (surtout dans le domaine des transports) on voudrait dire, en théorie, oui.

Mais justement, à bien regarder le traitement actuel de la question de l’automatisation des véhicules de tourisme – chez Tesla notamment – ni les entreprises, ni les agents régulateurs ne semblent faire 100 % confiance aux machines. Et il est bien plus probable que le métier de pilote continue d’exister, et évolue plutôt vers un job de maintenance, avec une fonction de "sécurité" pour assister la machine.

Cependant comme l’a expliqué Airbus dans son communiqué du 29 juin : "La réussite du projet ATTOL […] ouvre des possibilités de création de nouveaux modèles commerciaux, qui transformeront la façon dont les avions sont développés, fabriqués, pilotés, propulsés et même entretenus."

Malgré la fin de l’ATTOL, l’entreprise entend poursuivre ses recherches autour des technologies autonomes, en parallèle à "d’autres innovations dans des domaines tels que les matériaux, les systèmes de propulsion alternatifs et la connectivité des appareils", a également déclaré l’entreprise.


Comme moi, vous n’avez jamais pris l’avion ? Est-ce que vous redoutez la multiplication des technologies d’intelligence artificielle dans le secteur du transport ? Faites-nous part de votre engouement ou de vos doutes à ce sujet sur hellokonbinitechno@konbini.com !

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