Les soldats américains sont désormais privés de TikTok

L'armée américaine a banni l'application chinoise du téléphone de ses soldats pour des raisons de sécurité.

Bye bye TikTok pour les soldats américains ! Alors que l’application musicale chinoise faisait déjà l’objet d’une enquête de sécurité aux États-Unis, l’armée l’a définitivement bannie des téléphones de ses recrues fin décembre 2019, sur une directive du Pentagone.

Elle est en effet "considérée comme une cyber-menace", selon les dires du lieutenant-colonel Robin Ochoa dans une interview au site américain Military. La mesure ferait suite à un message du département de la Défense envoyé aux services de l’armée le 16 décembre dernier, évoquant TikTok comme "présentant des risques potentiels pour la sécurité liés à son utilisation", comme le rapporte le site Business Insider.

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Reuters a rapporté que, peu après ce premier message, les soldats de l’US Navy avaient dû désactiver l’application sur leur téléphone pour des raisons de sécurité. D’autres services de l’armée américaine ont ensuite suivi le mouvement.

Des sénateurs américains avaient déjà exprimé leurs inquiétudes quant au traitement fait des données personnelles des utilisateurs de la plateforme. L’enquête la concernant, qui dure depuis novembre 2019, met en lumière des soupçons pesant sur le gouvernement chinois. En effet, l’application, rachetée en 2017 par l’entreprise chinoise ByteDance, pourrait servir comme outil d’espionnage ou de propagande.

Un outil d’espionnage ?

D’appli préférée des ados à outil de propagande massif, il n’y a qu’un pas. Dans un rapport de l’Institut australien de stratégie politique intitulé "Mapping China’s Tech Giants", on apprenait d’ailleurs que ByteDance travaillait en collaboration avec le gouvernement chinois pour "faciliter les atteintes aux droits des Ouïgours musulmans dans la région du Xinjiang".

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Le rapport indiquait notamment que "ByteDance collabore avec des bureaux de la sécurité publique à travers la Chine, y compris dans le Xinjiang où elle joue un rôle actif dans la diffusion de la propagande du gouvernement sur le Xinjiang".

L’application n’est pas utilisée que par la Chine pour des affaires de propagande. Il y a peu, on vous parlait de l’État islamique qui tentait de dénicher ses futures recrues… sur la plateforme musicale.

Par Victoria Beurnez, publié le 03/01/2020