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L'inventeur du copier/coller vient de nous quitter

Sans lui, beaucoup d'exposés n'auraient jamais pu être rendus à la dernière minute.

Interrogez n’importe quel journaliste tech sur les nécrologies qu’il sera peut-être amené à rédiger pendant sa carrière : une tripotée de noms légendaires et glorieux fusera dans son cerveau – Elon Musk, Bill Gates et Mark Zuckerberg pour ne citer qu’eux – et après ça, il n’aura plus beaucoup plus d’idées.

C’est oublier que l’histoire de la tech est jalonnée de petites révolutions en apparence anodines, vissées dans nos habitudes, qui nous bercent au quotidien. À brûle-pourpoint, on pense au bouton j’aime de Facebook (que son concepteur regrette d’avoir imaginé) ou celui de l’infinite scroll, qui a contribué à engluer nos doigts sur les écrans en permettant d’afficher une infinité d’informations sans cliquer sur des numéros de page (d’ailleurs, le designer regrette aussi son invention).

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Larry Tesler, lui, n’a jamais exprimé le moindre regret après avoir mis au monde un bébé génial : le copier/coller. Comme nous l’apprend Gizmodo, cet ingénieur qui aura surfé de boîte en boîtes prestigieuses dans la Silicon Valley vient de nous quitter, à l’âge de 75 ans.

La fonctionnalité magique a été créée pendant ses années passées au sein du légendaire Xerox Palo Alto Research Center (PARC), entre 1973 et 1980. C’est au cœur de ce réacteur nucléaire de la tech qu’ont été développés des outils aussi universellement adoptés que la souris ou le format PDF pour s’échanger des documents entre ordinateurs sans en dégrader l’affichage.

Quand on invente le copier/coller, il faut être sacrément obsédé par une chose : l’interface utilisateur (UI), qui vise sans cesse à fluidifier et améliorer notre rapport à la machine. Ainsi Tesler avait-il théorisé le "modeless computing", dont l’application la plus manifeste se fera pendant ses années chez Apple, entre 1980 et 1997. Il y occupera l’un des postes de vice-président et celui convoité de Chef Scientist. Là-bas, il planchera notamment sur les célèbres ordinateurs Lisa et Macintosh ou encore sur QuickTime.

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Par la suite, l’ingénieur se fera embaucher chez Amazon, Yahoo ou encore 23andMe (oui oui, l’entreprise qui propose des tests ADN pour le grand public), travaillant sans relâche sur les expériences d’utilisation et de shopping. Le détour chez Amazon surtout nous rappelle que la frontière entre l’UI et l’addiction au support (faire rester sur le site pour faire consommer) est assez ténue.

L’informatique aurait-elle été la même sans le copier/coller ? Que nenni ! Il aurait fallu des nuits entières pour pomper d’autres sources pour faire des exposés.

Le copier/coller serait-il quand même apparu si Larry Tesler ne l’avait pas inventé ? Question ô combien métaphysique, qui ne lasse pas de nous interroger sur la place que prennent les inventions individuelles dans la marche inexorable de l’histoire. Ce que l’on sait cependant, c’est que les inventions qui simplifient l’existence sont souvent les plus géniales. Et Dieu sait que les génies se comptent sur les doigts de la main.

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Par Pierre Schneidermann, publié le 20/02/2020