L’Unesco lance un appel pour préserver les codes source de nos logiciels

Bibliothèque d'Alexandrie 3.0.

© Pixabay

Depuis 2003, l’Unesco dresse une liste du Patrimoine culturel immatériel méritant d’être sauvegardé pour en garantir la transmission aux générations futures. À ce jour, la liste comprend 508 entrées. On y trouve des arts du spectacle, des traditions ou encore des savoir-faire. Parmi les derniers intronisés, on croisera des marionnettes à gaine traditionnelles d’Égypte, la dentellerie aux fuseaux de Slovénie ou encore les "parrandas", des fêtes issues du centre de Cuba.

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Suivant cette même logique, le code informatique public de tous nos logiciels est en train de leur emboîter le pas. Mardi 26 février, l’Unesco a lancé "l'Appel de Paris" pour "sensibiliser à la préservation et à l’accès au code source des logiciels". L’organisation juge en effet que le code source des logiciels est "un précieux atout de l’humanité, au croisement la créativité humaine, du développement durable, de la société et de la culture". Le texte intégral est disponible ici, en anglais.

De fait, la préservation du code a déjà commencé avant cet appel, en 2016, avec le projet Software Heritage, qui se définit comme la "Bibliothèque d’Alexandrie du logiciel". Il a été impulsé en France, par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), en partenariat avec l’Unesco. À ce jour, plus de 5 milliards de fichiers sources disponibles publiquement ont déjà été archivés.

Outre la volonté de préserver ce patrimoine fragile (car sujet aux attaques ou aux suppressions malencontreuses) pour le transmettre aux générations Z et Z+1, Software Heritage estime que cette sauvegarde pourrait être utile, dans le futur, à la science comme à l’industrie.

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Concernant la première, l’archivage pourrait notamment garantir la reproductibilité des expériences, notion chère aux chercheurs, pour voir comment, à telle époque, on avait pu démontrer une telle chose grâce à tel logiciel. Pour la seconde, fouiller dans le passé, voir tout ce qui avait été fait, pourrait tout simplement permettre de bâtir de meilleurs logiciels.

Par Pierre Schneidermann, publié le 28/02/2019

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