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Microsoft dépose le brevet d’un chatbot pouvant "remplacer" des proches défunts

Publié le

par Pierre Bazin

Au risque de forcer : on dirait vraiment le pitch d’une dystopie britannique de Charlie Brooker.

Microsoft est-il allé trop loin ? C’est en tout cas la question que soulève The Independant dans un article édifiant. Le géant de la tech a déposé un brevet pour utiliser les informations intimes de personnes décédées afin de recréer un chatbot, une IA s’exprimant par message textuel.

Le brevet en question décrit un bot basé sur "les images, les données vocales, les posts de réseaux sociaux et les messages électroniques" d’une personne qui "pourrait correspondre à une entité passée ou présente, comme un ami, un parent, une connaissance, une célébrité, un personnage fictif, un personnage historique, une entité aléatoire, etc."

Pour Microsoft, l’objectif est clair : ce chatbot permettrait de parler avec des personnes disparues de ce monde. Le constructeur explique également qu’il peut être un "remplacement numérique" pour quelqu’un qui souhaiterait lui-même compiler ses données dans un chatbot pour la postérité.

La firme plancherait déjà sur des représentations visuelles en 2D et 3D, également basées sur des données d’images ou de vidéos récupérées en amont. Cette technologie n’est évidemment pas sans rappeler l’épisode de la série Black Mirror "Bientôt de retour" (S02E01), où une jeune femme se sert de données informatiques pour récréer un chatbot, puis un Android de son partenaire disparu.

En octobre dernier, c’est le rappeur Kanye West qui avait défrayé la chronique en offrant à son épouse Kim Kardashian un hologramme de son défunt père en guise de cadeau d’anniversaire.

D’autres entreprises de la tech se sont également penchées sur cette épineuse question de la résurrection numérique. En 2016, Eugenia Kuyda, cofondatrice de Luka, avait ainsi créé un chatbot compilant 8 000 phrases échangées avec son ami Roman Mazurenko, décédé à l’âge de 33 ans d’un accident de la route. Elle avait déclaré à l’époque :

"C’est toujours l’ombre d’une personne – mais tout cela n’était même pas possible il y a à peine un an et, dans un avenir très proche, nous pourrons faire beaucoup plus."

L’avenir très proche dont parlait Kuyda il y a quatre ans semble dont être désormais arrivé, si l’on en croit ce brevet de Microsoft. De nombreuses questions éthiques vont bien entendu être soulevées, à commencer par qui a le droit de récupérer les données numériques d’une personne décédée ?


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