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Neurosciences : l'histoire de l'homme qui voyait les moitiés de visage fondre

Publié le

par Victoria Beurnez

Crédits : Warner Bros / Legendary Pictures

C'est le résultat d'une affection neurologique très rare.

Après l’homme qui n’arrivait plus à distinguer les chiffres, on continue dans notre exploration neurologique estivale. Récemment, a été étudié le cas très surprenant d’un homme qui voyait systématiquement "fondre" la moitié des visages.

Il y a trois ans, A. D. (ainsi que le surnomme l’étude), a remarqué que les visages qu’il regardait à la télévision présentaient tous le même problème : chacun d’entre eux semblait fondre sur le côté droit.

Après s’être rendu compte, en se regardant dans un miroir, que la même déformation touchait son visage, il a décidé de consulter. Son cas, très rare en neurologie, a été étudié par des chercheurs, qui ont publié il y a quelques jours le résultat de leur étude, qui a été relayée par NewScientist. Ceux-ci, au terme d’analyses, ont découvert qu’A. D. souffre d’une lésion dans les fibres qui relient les hémisphères de son cerveau, au niveau de ce que l’on appelle le splénium (dans le corps calleux, pour les connaisseurs).

Comment notre cerveau identifie-t-il les visages ?

Si ce problème est extrêmement rare, il permet toutefois d’en apprendre plus sur la façon dont notre cerveau perçoit les visages. En effet, lors des tests, les chercheurs ont présenté à A. D. une vingtaine de visages, puis une vingtaine d’objets divers, comme des maisons, des voitures ou des formes géométriques. Il n’a remarqué aucune distorsion en regardant les objets, seulement les visages.

En effet, 17 des 20 visages étaient déformés et ce, même lorsqu’ils lui étaient présentés à l’envers, à tel point que leur vision lui était devenue désagréable. Les distorsions les plus troublantes se situaient au niveau de l’œil droit des personnes observées. La lésion dont souffre A. D. entraîne un trouble très rare qui porte le nom de prosopométamorphopsie unilatérale. Elle se traduit par un dysfonctionnement de la vision, qui empêche de voir les visages correctement, sans toutefois empêcher de les reconnaître.

Pour Brad Duchaine, chercheur au Dartmouth College, la maladie d’A. D. a permis de largement faire avancer la recherche en neurosciences. "Nous savions que les visages étaient traités différemment des autres objets, mais nous savons maintenant que nous adaptons automatiquement les nouveaux visages dans un modèle qui les compare à ceux que nous avons déjà mémorisés."

De plus, cela pourrait également prouver que chaque moitié d’un visage est traitée dans des hémisphères séparés, selon Duchaine. De quoi en apprendre davantage sur notre rapport au visage humain, mais aussi à la mémoire et à la perception, comme nous l’avions évoqué avec l’homme qui ne pouvait plus lire les chiffres.


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