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Ouïghours : Antoine Griezmann rompt son partenariat avec Huawei

Publié le

par Konbini Sports

L'entreprise chinoise est accusée d'avoir développé un logiciel de reconnaissance faciale ciblant les Ouïghours.

Antoine Griezmann et Huawei, c’est fini. L’attaquant a annoncé ce jeudi "mettre un terme immédiat à [s]on partenariat" avec l’entreprise chinoise "suite aux forts soupçons selon lesquels l’entreprise Huawei aurait contribué au développement d’une 'alerte ouïghoure' grâce à un logiciel de reconnaissance faciale".

Dans la suite de son communiqué, le champion du monde 2018 "invite Huawei à ne pas se contenter de nier ces accusations, mais à engager au plus vite des actions concrètes pour condamner cette répression de masse et user de son influence pour contribuer au respect des droits de l’homme et de la femme au sein de la société".

Des musulmans ont été arrêtés dans la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest) après avoir été "signalés" par un logiciel qui repère les comportements suspects, a affirmé mercredi une organisation de défense des droits humains. L’association Human Rights Watch (HRW), basée aux États-Unis, rapporte avoir mis la main sur une liste de 2 000 détenus arrêtés entre 2016 et 2018 à Aksu, une préfecture de la région en butte à des tensions entre la majorité ouïghoure et la minorité han (Chinois de souche).

Selon HRW, ces détenus se sont retrouvés dans le collimateur des autorités après avoir été repérés par un logiciel baptisé "Plateforme intégrée d’opérations conjointes", qui analyse les mégadonnées collectées par l’énorme dispositif de surveillance électronique en place au Xinjiang.

Un million de Ouïghours en détention dans des camps

La liste d’Aksu "est une nouvelle preuve que la Chine recourt à la technologie dans sa répression de la population musulmane", accuse HRW. Des entreprises chinoises ont été accusées par le passé d’avoir mis en place des logiciels de reconnaissance faciale permettant de repérer des personnes d’apparence ouïghoure.

Encore mardi, le géant des télécoms Huawei a été montré du doigt aux États-Unis pour avoir été impliqué dans des tests d’un logiciel de détection, selon le cabinet de recherche IPVM. Un rapport interne au groupe chinois (retiré du site Internet de Huawei mais encore trouvable sur le Web) indiquait que ce logiciel de reconnaissance du visage était en phase de tests pour fournir "des alertes à la présence de Ouïghours" et permettait de reconnaître "l’âge, le sexe, l’appartenance ethnique".

Les autorités d’Aksu et du Xinjiang n’ont pas répondu dans l’immédiat aux questions de l’AFP sur le rapport de Human Rights Watch. Interrogé lors d’un point de presse, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a estimé que les informations ne méritaient "pas même d’être réfutées". Il a accusé HRW de chercher à "semer le trouble" au Xinjiang.

Des experts étrangers affirment qu’un million de Ouïghours ont été placés en détention ces dernières années dans des camps. Pékin dément ce chiffre et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à éloigner les personnes de la tentation de l’islamisme, du terrorisme et du séparatisme après une série d’attentats attribués à des Ouïghours.

Avec AFP.


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