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Pourquoi fumer dans l’avion limitait les risques de crash

Publié le

par Emma Couffin

Ceci dit, fumer tue.

Pourquoi fumer dans l’avion limitait les risques de crash

Capture issue du film « Y-a-t-il un pilote dans l’avion? »

8 millions, c’est le nombre de décès liés au tabagisme chaque année dans le monde. Il est donc difficile d’imaginer que la cigarette ait pu un jour sauver des vies… Pourtant, en 1988, lorsque les États-Unis interdirent aux passagers de fumer en vol, ils ont, par la même occasion, privé les mécaniciens d’un outil nécessaire à la sécurité des passagers, selon le média IFL Science.

Au moment de la dépressurisation, quand l’avion prend de l’altitude, l’air s’échappe de la cabine par la moindre fissure. Or, si l’air évacué contient des particules chimiques tachantes, comme la nicotine, des traces noires se forment sur les fissures, précisément aux endroits où les parois sont les plus vulnérables. Ainsi, à l’époque où l’on pouvait fumer dans l’avion, les mécaniciens pouvaient aisément cibler les parties endommagées et savoir quelle(s) pièce(s) réparer.

Une théorie fumeuse ?

Le 25 mai 2002, le vol China Airlines 611 s’est désintégré en plein vol. En cause ? Des réparations inadéquates intervenues une vingtaine d’années auparavant, selon l’Aviation Safety Council (ASC). Si l’on en croit la théorie de la nicotine, cet accident aurait pu être évité par une simple inspection des taches noires par les mécaniciens.

"La nicotine a été déposée par la fumée des cigarettes de personnes qui fumaient environ sept ans avant la catastrophe. La plaque de doublage présentait une tache de nicotine brune sur tout son pourtour qui aurait pu être détectée visuellement par n’importe lequel des ingénieurs lors de l’inspection de l’avion", affirme l’historien de l’aviation Martin W. Bowman dans Boeing 747: A History: Delivering the Dream.

Aujourd’hui, d’autres moyens permettent de prévenir les accidents. En 2016, Delta Air Lines est devenue la première compagnie aérienne à utiliser un ensemble de capteurs permettant de surveiller la fatigue matérielle de l’avion. Aussi, en février dernier, des chercheurs du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) ont mis au point un système de surveillance permettant un diagnostic en plein vol.


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