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Pourquoi les masques filtrent-ils les virus, mais pas l'odeur de nos flatulences ?

Publié le

par Battiste Delfino

(c) – Alex Borland

Loin de toute considération puérile, nous vous livrons là une explication d'utilité publique.

Les masques en tissu sont-ils vraiment utiles ? Les visières sont-elles si efficaces, portées seule ? Une fois que tout cela sera fini, arrêterons-nous enfin de nous faire la bise ?

Beaucoup de questions se posent encore concernant notre protection face au virus. Et comme certaines réponses soulèvent souvent d’autres questions… nous en avons également une très importante à vous soumettre : est-ce que, vous aussi, ne supportez pas l’odeur à l’intérieur de votre masque ? Pas celle de votre haleine, non, mais plutôt celle de l’extérieur.

Sans plus de détours ; comment le virus pourrait-il bloquer un virus s’il ne bloque pas l’odeur de nos pets ? Une question de haut vol posée par la cliente d’un fast-food en Californie, refusant fermement de croire à l’efficacité de ces protections étant donné que nos pantalons – également composés de tissu – ne retiennent pas ces odeurs.

Pour répondre, rappelons déjà que l’efficacité d’un masque repose sur sa capacité à filtrer les gouttelettes, grâce à des coutures serrées et des trous minuscules pour laisser passer l’air.

C’est d’ailleurs pourquoi les masques sont plus efficaces pour retenir ce qui est à l’intérieur que pour repousser ce qui est à l’extérieur, les particules à la sortie de notre bouche et de notre nez étant plus larges que celles déjà diluées dans l’air environnant.

Une étude récente a mis en lumière que la plupart des modèles de masques ne filtraient que jusqu’à 80 % des particules plus petites que 300 nanomètres (0,0003 millimètre). Pour les particules excédant ces 300 nanomètres, ces masques arrivent à un taux de protection allant jusqu’à 95 %.

L’odeur d’un pet est causée par la digestion de molécules de soufre présentes dans nos aliments. Comme l’a souligné un professeur de chimie sur Twitter, lorsque nous expulsons du gaz, ces molécules ressortent sous forme de méthane – des particules de 0,4 nanomètres : si ridiculement petites que l’odeur passe sans problème à travers les trous du masque.

Pour ce qui nous intéresse, les gouttelettes des éternuements sont d’environ 100 000 nanomètres, et les gouttelettes de toux sont plus petites, d’environ 1 000 nanomètres, largement plus grandes que ce que laissent passer les masques.

Les virus sont de tailles différentes, mais le coronavirus a été mesuré entre 60 et 140 nanomètres, soit entre 14 900 % et 34 900 % plus gros qu’une petite molécule odorante comme le méthane.

Voilà donc pourquoi vous êtes en mesure de sentir des flatulences à travers un pantalon et vos sous-vêtements, mais aussi à travers un masque. Surtout, ne me remerciez pas pour l’explication. Je vais essayer d’oublier ce sujet de mon côté.


Vous voulez nous faire part d’une expérience personnelle liée à ce sujet ? Écrivez-nous à hellokonbinitechno@konbini.com 

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