AccueilSociété

Pourquoi ProtonMail a balancé les données d’activistes aux autorités

Publié le

par Benjamin Bruel

ProtonMail axe toute sa communication sur la sécurité. Pourtant, l’entreprise a partagé l’IP d’activistes français à la justice.

ProtonMail, un service de mailing alternatif et sécurisé, a transmis aux autorités françaises des informations concernant des utilisateurs de son service. Le service de messagerie chiffré se vante pourtant de sécuriser les données de ses utilisateurs face aux annonceurs, au gouvernement et à toutes tierces parties. Explications.

Qui sont les utilisateurs visés ? Il s’agit d’activistes français de l’association Youth for Climate, accusés de squatter depuis l’année dernière des locaux situés Place Sainte-Marthe, dans le 10e arrondissement de Paris. Ceux-ci protestent contre la gentrification du quartier. Comme le raconte un premier article publié sur paris-luttes.info, les activistes utilisent une adresse email sécurisée de ProtonMail pour communiquer.

ProtonMail est basée en Suisse. Or, comme nous l’apprend cette fois Secours Rouge, la justice française a adressé une réquisition à la justice suisse (via Europol, l’agence européenne de la police criminelle) afin de récupérer les données (adresse IP et appareils utilisés) des membres de l’association.

Pourquoi ProtonMail a-t-il transmis ces données à la justice ? La polémique enfle sur les réseaux parce que ProtonMail se veut être un service sécurisé et affirme sur son propre site : "Vous et seulement vous avez accès à votre boîte de réception. Cela signifie qu’aucun annonceur, gouvernement ou tierce partie n’a accès à vos données". Par ailleurs, le site explique aussi ne pas enregistrer les adresses IP de ses utilisateurs.

Seulement, il y a un hic, comme s’en est expliquée l’entreprise dans un communiqué publié sur Reddit. Elle explique ainsi être obligée de "se confirmer" à "une ordonnance contraignante" des autorités, en l’occurrence le Département fédéral de la justice et police (DFJP) suisse. Elle explique que toutes les plateformes de ce type sont obligées de se plier à ces obligations "à moins qu’elles soient basées à 15 miles au large des eaux internationales". Sur Twitter, le fondateur et PDG de ProtonMail revient sur l’affaire en affirmant qu’il est "déplorable que des outils légaux pour des crimes graves soient utilisés de cette manière".

Sur Reddit, ProtonMail rappelle qu’il est possible d’utiliser le service via Tor afin de masquer complètement son adresse IP. C’est d’ailleurs le seul service de messagerie à proposer cette option.


Pour nous écrire : hellokonbinitechno@konbini.com.

À voir aussi sur techno :