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Test : TikTok vous a-t-il transformé en larve cosmique ?

Publié le

par Benjamin Bruel

10 questions pour savoir s'il faut faire un break de TikTok.

Comment se fait-il que TikTok soit si addictif ? L’application est hypnotisante, avec quelque chose qui relèverait presque de la magie noire. Plus que sur Instagram, sur Reddit ou Twitter, on peut se perdre de longues heures, défilant de vidéo en vidéo, de trend en trend.

Si mes pulsions addictives étaient relativement sous contrôle sur les autres réseaux sociaux, TikTok a été plus fort que moi. Je me suis vu, les yeux vides et la gueule amorphe, affalé comme une escalope dans mon plumard, passer des après-midi entières à ne rien foutre, sur TikTok.

En bon vieillard en puissance, j’ai d’abord découvert l’appli par les enfants de mon entourage. J’ai observé avec la mine du vieux singe imbu de lui-même ma nièce perdre son temps sur TikTok, à recopier inlassablement les trends de Josiane et Jean-José-aux-gros-pectoraux sur de la musique de Wejdene. "Bordel, mais que c’est naze", me suis-je dit.

Un mois plus tard, j’avais le pif en plein dedans comme un junkie dans la farine. À tel point que durant une longue semaine, je n’ai cessé de supprimer puis de télécharger à nouveau l’application sur mon smartphone, au moins une dizaine de fois.

Dix questions pour savoir si vous êtes accro (la troisième va vous étonner)

Comme tout accro, j’ai d’abord nié : "mais non, je peux télécharger l’application, cette fois, je maîtrise..." Puis le doute s’est emparé de moi. J’ai voulu analyser la profondeur de mon addiction.

En bonne ménagère de 55 ans (non), je suis allé sur Google pour faire des tests d’addiction sur des sites débiles. Je n’ai rien de trouvé de très probant, alors voici une autoanalyse que je vous encourage à réaliser chez vous.

  • Combien de temps passez-vous par jour sur l’application ? Plus de deux heures, vous êtes cramé.
  • Connaissez-vous l’air de cette chanson, de celle-ci ou de celle-ci par cœur en ayant conscience que c’est pas foufou ?
  • Êtes-vous abonné à la fille de Jean-Pierre Pernaut sans savoir pourquoi ?
  • Avez-vous déjà vu passé au moins quatre fois le même TikTok ?
  • Est-ce que la musique des "récits de vie" vous hante la nuit ?
  • Connaissez-vous The French House et avez-vous regardé le reportage de TF1 sur The French House APRÈS avoir vu le TikTok de The French House sur le reportage ? The French House.
  • Reconnaissez-vous ce type ? Si oui, est-ce que sa voix trafiquée pop-up immédiatement dans votre cerveau après avoir vu sa trogne ?
  • Est-ce que les mêmes trends reviennent immanquablement sur votre fil ? Comme celui des personnes qui essaient d’embrasser leurs meilleur·e·s ami·e·s.
  • Est-ce que vous vous êtes déjà fixé une limite de temps sur TikTok que vous avez lamentablement dépassée de plus de trente minutes ?
  • Est-ce qu’une voix féminine résonne dans votre cerveau quand vous entendez le mot "check" ?

Si vous répondez par l’affirmative à plus de la moitié de ces questions, c’est l’heure d’une petite introspection.

Pourquoi TikTok nous fait-il vriller le cerveau ?

Après avoir tristement répondu par l’affirmative à toutes ses questions (bonjour la schizophrénie), j’ai voulu comprendre : pourquoi TikTok est-il plus addictif que les autres réseaux sociaux ?

Selon le très sérieux Guardian, le premier article du type "Pourquoi je quitte TikTok", un genre devenu fameux concernant Facebook, a été écrit par un collaborateur du magazine universitaire Cornell Daily Sun, Niko Nguyen, en février dernier.

On vous recommande chaudement cette lecture. Parmi les points avancés, celui-ci explique que sur Instagram, Facebook, Snapchat ou Twitter, arrive "un moment où tout le contenu 'intéressant' se tarit". Ce n’est pas le cas sur TikTok, où l’onglet "Pour Toi" ne cesse, sans discontinuer et à grand renfort algorithmique, d’offrir "un contenu calibré pour nous garder collés à nos écrans".

La manière dont est présenté ce contenu est aussi impactante : contrairement aux autres réseaux sociaux, on ne fait pas de pause sur TikTok. Une fois l’appli ouverte, une vidéo est immédiatement présentée sous nos yeux.

Une fois la vidéo terminée, une autre recommence, sans interruption, et avec une musique – comme on le sait – qui tourne, sans cesse, dans l’esprit. L’appli est connue pour avoir fait émerger des artistes et c’est pour une raison bien précise.

Cette absence de break est couplée avec une autre caractéristique des réseaux sociaux, cette fois partagée entre TikTok et la concurrence : le renforcement ou random reinforcement. Un terme psychologique qui, en fait, signifie donner à un sujet X une récompense aléatoire. Un mécanisme de boucle se crée, l’utilisateur voulant à nouveau trouver une vidéo qui lui plaît et le créateur voulant obtenir de nouveaux likes, abonnés, etc., dans sa recherche de dopamine. C’est le même processus que les machines à sous, en un mot.

Enfin, ce qui fait la force de TikTok, c’est la créativité. La place laissée à la danse, aux chants, à l’expression. Même si les trends se répètent et se ressemblent souvent, la place laissée à la nouveauté (l’appli étant elle-même récente) est importante.

Autant de raisons qui font que TikTok a fait vriller mon cerveau, et peut-être le vôtre. Il y en a probablement d’autres. Et s’il y a du positif sur TikTok, la conscience d’être accro doit être une raison suffisante pour supprimer définitivement l’appli de son mobile.


Vos témoignages sur TikTok sont évidemment les bienvenus. Écrivez-nous à hellokonbinitechno@konbini.com

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