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Trump et Covid : Twitter rappelle qu'il est interdit de souhaiter la mort de quelqu'un

Publié le

par Battiste Delfino

Cela pourrait entraîner la suspension de votre compte.

La semaine dernière, Donald Trump a été diagnostiqué porteur du coronavirus. Ironie du sort, lui qui a de nombreuses fois dérapé et minimisé l’impact de la pandémie est désormais touché par ce qu’il refusait de prendre au sérieux.

Alors qu’il se rendait au centre médical Walter Reed de Washington pour se faire soigner vendredi, de nombreuses personnes sur Twitter, y compris son adversaire aux élections Joe Biden, lui ont souhaité un bon rétablissement. Son message annonçant la nouvelle s’est hissé parmi les tweets les plus likés de l’histoire.

Pour rappel, sous la présidence de Donald Trump, plus de 200 000 personnes ont perdu la vie en raison du coronavirus aux États-Unis. Face à la multiplication des tweets lui souhaitant le même sort – rédigés sur le ton de l’humour ou non –, le réseau social a décidé de mettre le holà.

Et comme souvent, les interactions de Trump sont l’occasion pour Twitter d’éprouver ses services de modération.

Une réaction non calculée

"Les tweets qui souhaitent ou espèrent la mort, des lésions corporelles graves ou une maladie mortelle contre quiconque ne sont pas autorisés et devront être supprimés", a déclaré la société samedi dans un tweet. Elle ajoute que "cela ne signifiera pas automatiquement une suspension du compte".

De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer le timing de ce message, qui vient à la rescousse de Trump tandis que certaines communautés s’estiment encore stigmatisées sur la plateforme, et de manière beaucoup plus visible. Un porte-parole de Twitter a cependant confirmé au Guardian que cette politique était en place depuis avril et s’appliquait à tous les utilisateurs.

Un autre employé a déclaré dans une interview accordée à Motherboard que la priorité était bien "la suppression du contenu" incitant à la mort, mais uniquement lorsqu’il était question "d’un appel clair à l’action, qui pourrait potentiellement causer des dommages dans le monde réel".

Ces déclarations qui se voulaient rassurantes n’auront donc pas convaincu. Le tweet a été récupéré des milliers de fois dans la journée, y compris par des représentants politiques de l’opposition américaine, comme Alexandria Ocasio-Cortez, élue démocrate d’origine hispanique qui siège à la chambre des représentants.

En réponse, Twitter a publié une série de tweets à partir d’un compte distinct, samedi après-midi, admettant – une fois de plus – que le réseau social devait faire mieux en matière de justice sociale

"Nous entendons les voix qui estiment que nous appliquons certaines politiques de manière incohérente", a ainsi déclaré la société.

Selon l’un de ces tweets, plus de 50 % des tweets abusifs seraient capturés par les bots de modération. La plateforme a profité de la débâcle pour encourager les utilisateurs à continuer de signaler les comportements abusifs.


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